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Tome premier.
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HISTOIRE DE LA CHIMIE.

nons probablement autant que les anciens aux leurs? Et, à moinsque le monde ne finisse demain, personne, j’espère, n’a la pré-tention de croire que nos contemporains aient donné le dernier motdelà science, et que ceux qui viendraient après nous n’auraientplus aucun l'ait à découvrir, aucune erreur à rectifier, aucune théo-rie à redresser.

Je reviens à ce que j’ai dit plus haut : si nous voulons juger nosprédécesseurs, il faut nous placer à leur point de vue, et biennous garder de les condamner en les jugeant à travers le prismede nos connaissances actuelles. C’est avec ce principe qu’il fautaborder l’histoire des sciences, comme du reste l’histoire en gé-néral.

Ce que je viens de dire à propos de la théorie de la transmu-tation des métaux peut également s’appliquer à beaucoup d'autresthéories qui avaient eu pour point de départ des faits réels, maismal compris,'faute d’autres découvertes qui restaient encore à faire,et qu’il était alors presque impossible de prévoir.

5“ Les vapeurs d’arsenic blanchissent le cuivre. Ce fait, connudepuis longtemps, avait donné naissance à une multitude d’allégo-ries obscures et d’énigmes mystiques sur le moyen de transformerle cuivre en argent. Voici une de ces énigmes, attribuée à la Si-bylle :

"Evvea 'fpâu.p.xx' e/_to, xîxpaav).).aoo; eïp.i , vôei |xï*

At Tpeï; al xtpwxat ovo e^ovatv éxàoxr,,

Ai ).o«tai SÈ xà ).oixà' -/.ai swjiv apwva xà ixévxe.

OOx àirjijxo; I <rr, xfjç zap’ èiioi copia;.

« J’ai neuf lettres, je suis de quatre syllabes, retiens-moi ;

Les trois premières ont chacune deux lettres,

Les autres ont les autres lettres ; et vous y trouvez cinq consonnes.

(Si tu me devines) tu posséderas la sagesse. »

Le mot est àp-ce-vt-xôv (arsenic).

Le soufre, qui attaque les métaux, qui les noircit et les trans-forme en des produits ordinairement noirs, pulvérulents, était uncorps tout aussi mystérieux que l’arsenic. C’est avec le soufre qu’oncoagulait (solidifiait le mercure.

G. Lorsqu’on fait tomber le mercure en pluie fine (en le pres-sant à travers une peau ou un linge serré ) sur du soufre fondu, onobtient une matière noire. Cette matière, chauffée dans des vais-seaux fermés, se volatilise sans s’altérer, et se transforme en unebelle matière rouge. On aurait peine à croire que ces deux corps