HISTOIRE DE LA CHIMIE.
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La mandragore, et surtout la jusquiame, la stramoine, labelladone, et d’autres espèces de la famille naturelle des sata-nées, étaient plus spécialement consacrées à la partie magique dugrand œuvre, aux conjurations mystiques, et surtout à l’évocationdes démons (i\
Les signes du zodiaque étaient employés pour désigner les saisonsou les époques propices aux opérations du grand œuvre. L’astrolo-gie était l’auxiliaire indispensable de l’art sacré. Les adeptes avaientaussi une grande confiance dans l’influence des différentes périodesde la lune.
Parmi les produits d’animaux employés dans les opérationsmystiques de l’art sacré, on remarque surtout le lait et l’œuf.
Le lait d’une vache noire désignait le mercure, l’un des élémentsdes métaux (2), car c’était une opinion depuis longtemps reçue queles métaux se composent de soufre et de mercure. Le lait d'un ani-mal quelconque représentait le soufre, « qui coagule le mercure, »de même que le lait est susceptible de se coaguler.
L’œuf (œuf des philosophes) était le symbole du grand œuvrepar excellence, et, par extension, le symbole du monde comparéà un œuf immense, dont la coque représentait la terre, le blancet le jaune les autres éléments. Cet œuf était ordinairement en-touré d’un cercle d’or, représentant le zodiaque. Sur les monumentsdruidiques on rencontre également l’œuf, comme symbole dumonde, façonné par deux serpents.
Le sang frais et le sang putréfié renfermaient aussi de profondsmystères. Indépendamment de la couleur rouge que prennent plu-sieurs substances au moment de leur combinaison, et qui devait re-présenter le symbole de la lumière, le sang était considéré commela nourriture de l'àme (tt;v (J/uyr,v ci— 0 toô atua-ro; TpEsscOxi. —Platon , Pylhagore, Homère). D’après cette croyance, élevée endogme religieux chez les Hébreux, chez les Égyptiens, chez les
(1) La plupart des plantes de cette famille, étant prises à de certaines doses,troublent, d’une manière étrange, l’appareil d’innervation : les malades ont desvisions extraordinaires, accompagnées d’un délire gai ou furieux. C’est, sanscontredit, avec ces plantes que les prétendus sorciers et nécromanciens del’antiquité et du moyen âge faisaient leurs jongleries.
(2) Une vache noire était le symbole des eaux de l’abime, des eaux fécon-dantes du Nil ; tandis qu’une vache rousse, consacrée à Typhon, était le sym-bole des eaux salées ou de la stérilité.