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PREMIÈRE ÉPOQUE.
pythagoriciens et les brahndnes, il était expressément défendu demanger de la viande souillée de sang.
§ 7 -
Le centre autour duquel gravitaient toutes les opérations dugrand œuvre était la pierre philosophale (HOo; où.ogô^mv ), lemercure des sages, la panacée universelle, ou comme on voudral’appeler. Santé et richesses, voilà le coté pratique du grand œu-vre, tandis que le côté théorique se rattachait aux mystères delàreligion, de l’astrologie, de la cosmogonie, en un mot à toutes lesconnaissances religieuses et spéculatives de l'homme.
Or, qu’était la pierre philosophale?
11 est arrivé ici ce qui arrive toujours lorsqu’on abandonne lavoie de l’expérience, pour se confier exclusivement à l’essor del’imagination •. tout est vague, incertain.
La pierre philosophale était tantôt le cinabre, tantôt le soufre ;pour les uns, c’était l’arsenic qui blanchit le cuivre ; pour les au-tres, c’était la cadmie qui le jaunit ; enfin, pour d'autres, c’étaitquelque chose de surnaturel, qui ne pourrait être saisi que danscertaines conditions physiques, enveloppées de mystères. Pour tous,la pierre philosophale était une substance ayant la vertu de trans-former les métaux imparfaits en or ou en argent, et de procurerainsi immédiatement la richesse.
Mais comme la richesse n'a aucune valeur si celui qui la possèdene peut en jouir, la pierre philosophale devait être nécessairementaccompagnée de cette autre pierre philosophale qui donnait le se-cret de guérir toutes les maladies, et de prolonger la vie mêmeau delà du terme ordinaire. C'est là la pierre philosophale pourainsi dire à l’état liquide, qui porte le nom d’élixir philosophal ou depanacée universelle, que les uns croyaient avoir trouvée dans uneteinture mercurielle, les autres dans une teinture d'or ou d’argent.Atteindre le bonheur suprême dans ce monde, tel était le but deceux qui s’occupaient exclusivement de la recherche de la pierrephilosophale et de la panacée universelle. Mais comme cette re-cherche était intimement liée à des croyances mystiques et religieu-ses, et que d’ailleurs le plus grand nombre ne trouvaient pas dansce monde le bonheur qu’ils y cherchaient, il fallait absolument fran-chir les limites de la sphère terrestre pour venir planer dans les