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Tome premier.
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HISTOIKE DE LA CHIMIE,régions supérieures de la vie spirituelle. C’est alors que l’adeptecherchait à s’identifier avec Y âme du monde, cette troisième pierrephilosophale (que l’on pourrait appeler la pierre philosophale àl'état spirituel), afin de jouir par anticipation, dans la communautédes démons, des anges et des esprits, de ce bonheur qu'il lui avaitété impossible de se procurer par la voie naturelle.

Eu résumé, il y a trois catégories distinctes de l’art sacré, ainsique de l’alchimie : 1" la pierre philosophale ; 2° la panacée uni-verselle; 3° Y âme du monde. Dans la première, on cherchait la ri-chesse matérielle ; dans la seconde, une longue vie ; et dans la troi-sième, le bonheur au sein de la Divinité ou dans le commerce avecles démons.

Mais qu'on ne s’imagine pas que ces trois catégories soient tou-jours bien tranchées dans les ouivres des adeptes, et faciles à dé-mêler. Le ciel et la terre, tout se confond dans le labyrinthe desdoctrines néoplatoniciennes, labyrinthe où la raison se perd et l’i-magination s’égare.

Cependant, au milieu de cette confusion même, on remarquetoujours un principe fondamental : la suprématie de l'esprit sur lamatière. A\ant de rien entreprendre, l’opérateur invoque le Saintdes saints pour la réussite de son couvre; il emploie les combinaisonsdans lesquelles les démons ou les anges sont supposés se complaire.Aussi V«uvre qu’il pratique s’appelle-t-il grand, et Yart qu’il cul-tive, sacré et divin.

Les derniers commentateurs païens de Platon et d’Aristote sontcomptés au nombre des maîtres de l’art sacré. Mais ils apparte-naient plus particulièrement à la troisième catégorie, qui avait pourobjet l'aine du monde, ou la félicité suprême au sein de la Divinitéou dans le commerce des démons.

Comme la r ie et les doctrines mystiques des néoplatonicienssemblent avoir en quelque sorte seni de modèle aux alchimistesdes siècles suivants, nous allons en communiquer ici un aperçurapide, afin de n’avoir pas besoin d’y revenir.