PREMIÈRE ÉPOQCE.
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§ 8.
Doctrines mystiques des philosophes néoplatoniciens de l'écoled’Alexandrie.
Ammonius , qui vivait vers le milieu du n c siècle, cherchait àmettre en harmonie le système d’Aristote avec celui de Platon . C’é-tait le maître de l’iotin.
Plotin , dont Porphyre nous a décrit la vie, était né en 205. 11vivait depuis quarante ans à Home, où il enseignait ses doctrines,ou plutôt celles d'Ammonius, à ses amis et à scs disciples, parmilesquels on distinguait surtout Amelius et Porphyre . Les ré\ criesmystiques, l’extase et l’intuition divine occupaient sa \ie.
Plotin , comme en général les illuminés, se croyait sans cesse enhutte à la jalousie des méchants. « Je sais, disait-il, qu’un certainOlympiodore cherche à me ravir mon intelligence. Mais la puissancemagique ne frappe que mon corps; elle n’atteint pas mou àme. Jesens, sous l’iniluencc de cette puissance, chaque membre et tout lecorps se resserrer comme une bourse de cuir. »
Plotin composa un murage sur les démons en société avec leshommes. Porphyre, qui exalte beaucoup le génie de son maître,s’efforce de le faire passer pour une espèce de divinité ; et, pourpreuve, il raconte entre autres l’histoire suivante :
Lit prêtre égyptien xint à Home, où il fit connaissance avec Plo-tin . Pour donner une idée de son art, le prêtre promit d’évoquerl’esprit de Plotin , et de le faire apparaître sous une forme visible.On se réunit donc dans le temple dlsis, et Plotin lui-même fut bl-uté à assister à ce spectacle. L’évocation commença, l’esprit appa-rut ; et le prêtre, saisi d’épouvante en voyant à la place d’un sim-ple démon une divinité, s’écria : Heureux Plotin, ton esprit n’estpas de ceux d une classe inférieure! L’apparition disparut presqueaussitôt ; car l’assistant du prêtre avait, par peur ou par jalousie,étouffé les oiseaux qu’il tenait dans sa main, et qui étaient néces-saires à la prolongation de cette cérémonie.
Tous les illuminés se ressemblent : ils estiment leur esprit supérieurà celui d'un simple mortel. Présomptueux dans l’exposé de leurs doc-trines, ils sont simples dans leurs habitudes, doux de caractère, etmenant une vie sobre et retirée. Les jeûnes et les pratiques ascétiquesremplissent en grande partie leur carrière. Un régime exclusivement