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Tome premier.
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311
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DEUXIÈME ÉPOQUE. 311

cellum Silber; in- 12 , sans date ( il parait avoir été imprimé entre1490 et ir. 20 ). Cette édition, tort rare, lut réimprimée en 1682 hDanzick, et reproduite dans la Bibliothèque de Manget , t i, etdans le Gynœceum chimicum, vol. i; Lugd. 1679, in-8°.

En lisant attentivement les ouvrages de Geber , on peut se con-vaincre qu’il n’était pas seulement un compilateur, mais unobscnateur consciencieux, et avant tout modeste. La modestie,cette vérin rare qu’on aime tant chez les autres, Geber la pos-sédait au plus haut degré. Il est bien difficile, sinon impossible,de distinguer les découvertes dont l'honneur lui revient incontesta-blement, de celles qui appartiennent à d'autres observateurs.

Geber parle le premier (à moins qu’on 11 e \euille révoquer endoute l'authenticité du traité de Alchimiu ( 1 ) ) de la préparation del’acide nitrique, de l’eau régale; avant lui, aucun écrivain ne laitmention de ces dissolvants précieux, sans lesquels la chimie estimpossible.

Est-ce à Geber que revient l’honneur de cette découverte, aumoins tout aussi importante que celle de l’oxxgène? Il n'en ditrien lui-même ; sa modestie nous le laisse seulement deviner.

Geber a été invoqué comme un oracle par tous les chimistes quisont venus après lui. Roger Bacon l’appelle le maître des maîtres,magisler magislrorum. U est donc nécessaire de nous arrêter unmoment sur ses ouvrages.

Summa collectionis complementi secretomm naturœ, autrementdit La somme de perfection du magistère (summa peiiectionismagisterii) ( 2 ).

«Pour aborder l'étude de la chimie avec succès, il faut, ditGeber , être, avant tout, sain d’esprit et sain de corps. Celui qui selaisse égarer par son imagination, par sa vanité et les vices quiraccompagnent , est aussi incapable de se livrer aux opérations denotre art que celui qui est aveugle et manchot. Seulement, les dé-fauts phv siques sautent plus aux yeux que les imperfections morales.« La patience la plus grande et la sagacité la plus profonde sont

(1) Geberi de Aldiimia libri très; Argentorat. arteet inipensa. J. Grieningeri,1529, fol.

(2) Magisterium, magistère, signifie, en terme de basse latinité, l’œuvre dumaître.