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Tome premier.
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327
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DEUXIÈME ÉPOQUE.

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§ 3 .

AVICENNE ( Al-Hussein Abou-AU Ben Abdalla Ebn Sina).

(Né en 980, mort en 1036 j.

Le prince des médecins ( scheikh rcyes) naquit à Bokhara , etfut instruit, par Alpbarabi, dans la philosophie d’Aristote . Il par-vint par sou savoir, et plus encore par son savoir-faire, à la di-gnité de vizir du sultan Magdal, dignité que cependant il ne sut pasconserver longtemps. Sa vie lut, par des excès de tous genres,promptement usée; ce qui lit dire de lui, par une sorte de pro-verbe, que sa philosophie n’avait pu lui procurer la sagesse, ni lamédecine lui rendre la santé. U mourut à l’àge de cinquante-sixans.

Sou principal ouvrage, le Canon medicinœ, qui ne justifie guèrel’immense réputation de l’auteur, n’intéresse que l’histoire de l’artde guérir.

On attribue à Avicenne deux ouvrages d’alchimie, l'un intituléTractatulus alchemiœ ; l’autre : De conglutinatione lapidum ( 1 ).

Le premier est évidemment supposé ; le véritable auteur de ce pe-tit traité pseudonyme me parait appartenir à l’école de RaymondLulle ; il n’offre aucune espèce d’intérêt. Il n’en est pas de même duTraité des pierres, dont l’auteur parait être réellement Avicenne ,et qui fut traduit de l’arabe en latin, par quelque alchimiste dumoyen ège.

Il y a, dans cet écrit d’Avicenne , un chapitre que les géologuesseront peut-être curieux de connaître. Il est intitulé De l'originedes montagnes.

« Les montagnes peuvent, remarque l’auteur, provenir de deuxcauses •. ou elles sont l’elïet du soulèvement de la croûte terrestre,comme cela arrive dans un violent tremblement de terre [ut ex ve-hemenli viol u terrœ elevatur terra, et fit nions ) ; ou elles sont l’effetde l’eau, qui, en se frayant une route nouvelle, a creusé des valléesen meme temps qu’elle a produit des montagnes : car il y a des ter-rains mous et des terrains durs. L’eau et le vent charrient les uns

(1) Mangeti Bihlioth., 1. 1 . Les deux traités d’Avicenne ( Physica, — De ortuscientiarum), qui se trouvent dans le ms. 6443 de la Bibl. royale, ont trait à laphilosophie plutôt qu’à la chimie.