Band 
Tome premier.
Seite
333
JPEG-Download
 

333

DEUXIÈME ÉPOQUE.

{De lapidephilosophorum), pourvu qu’on ait un peu d’expérienceet qu’on n’ait pas la tète trop dure (durœ cervicis). »

Or, le grand mystère qu’il promet de nous apprendre est le dignependant de la merveilleuse quintessence prolongeant la vie au delàde mille ans.

« Celui qui saura, dit-il, marier, engendrer, vivifier les espèces,produire la lumière blanche, nettoyer le vautour de sa noirceur,sera honoré partout ; les rois même le respecteront. — Dans la pu-tréfaction et la solution apparaitont trois signes, savoir : la cou-leur noire, la discontinuité des parties, et l’odeur puante sembla-ble à celle des sépulcres. La cendre qui reste au fond du vase estcelle dont les philosophes ont tant parlé ; c’est en elle que se trouvele diadème de notre roi, ainsi que le mercure noir et immonde d’oùs’élève la couleur blanche, appelée oie (anser) ou poulet d’Her-mogène ( pullus llermor/enis) (l). Ainsi, celui qui sait blanchir laterre noire possède le secret du magistère; il peut ressusciter lemort, après avoir tué le vivant. Ht quand tu verras apparaître lavraie blancheur resplendissante comme un glaive nu, il faudra tou-jours continuer à calciner, jusqu’à ce que se manifestent la citrinitéet la rougeur étincelante. Dès que tu auras aperçu celle-ci, tu loue-ras le Dieu très-bon et très-grand, qui donne la sagesse, la candeuret la richesse à ceux qui les méritent, et qui ote ces trésors auxméchants, en les plongeant dans la servitude de leurs ennemis.Louange et gloire à Dieu ! Ainsi soit-il. »

Dans le traité : C/avis majoris sapientiœ , Artéfius insiste sur lethème favori des adeptes qui rapportent la génération des métauxà l’influence des astres, et qui l’assimilent à la génération des vé-gétaux.

« Toute plante, y est-il dit, est composée d’eau et de terre; etpourtant il nous est impossible d'engendrer une plante avec de l’eauet de la terre. Le soleil vivifie le sol ; quelques-uns de ses rayonspénètrent profondément dans le sein de la terre, s’y condensent, etforment ainsi un métal brillant, jaune, consacré à l’astre du jour,l’or. Par l’action du soleil, les principes des métaux, les moléculessulfureuses et les molécules mercurielles se rassemblent ; et, suivant

(1) C’est probablement du mercure blanc (ealomélas), ou du sublimé corrosifobtenu en sublimant un mélange de vitriol, de sel commun, de nitre et de mer-cure. Ce procédé était déjà connu de Geber , qui le décrit.