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Tome premier.
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HISTOIRE DE LA CHIMIE.

Rome (1). Peut-être Rachaïdib est-il l’auteur de l’une et de l’autre.Voici cette dernière allégorie :

Alléyoriede Merlin, contenant le très-profond secret de la pierrephilosophale.

« Un certain roi se prépara à la guerre pour terrasser ses ennemis.Au moment où il voulut monter à cheval, il demanda à un de sessoldats à boire de l’eau qu'il aimait beaucoup. I.e soldat, en ré-pondant , lui dit : Seigneur, quelle est cette eau que a ous demandez?Et le roi lui dit : L’eau que je demande est celle que j’aime beau-coup, et dont je suis moi-même aimé. Après quelques réflexions, leroi but ; et il but de nouveau jusqu’à ce que tout son corps fut rem-pli et que toutes ses veines lurent enflées. I.e roi devint pâle. Alorsses soldats lui dirent : Seigneur, voici le cheval que vous désirezmonter. Et le roi répondit : Sachez qu’il m'est impossible de mon-ter à cheval. Les soldats lui demandèrent : Pourquoi cela est-ilimpossible? — Parce que, répondit le roi, je me sens appesanti, etque j’ai des douleurs de tête si violentes, qu'il me semble que tousles membres se détachent. Je vous ordonne donc de me déposerdans une chambre claire, bien sèche, et continuellement chaufféenuit et jour; de cette manière je suerai, et l’eau que j’ai bueséchera, et je serai délivré. Et ils firent comme le roi leur avaitordonné. Après un certain temps ils ouvrirent la chambre, et ilstrouvèrent le roi expirant. Aussitôt les parents accourent, et allèrentchercher des médecins égyptiens et alexandrins. Ceux-ci, ayantappris ce qui était arrivé, dirent qu’il n’y avait pas de danger, etque le roi reviendrait à la vie. Alors les médecins égyptiens, commeétant les plus anciens, prirent le roi pour le déchirer en petits mor-ceaux , qu’ils pilèrent dans un mortier et qu’ils mélangèrent avecun peu de médecine liquide. Ils le déposèrent dans une chambreaussi chaude que la première, et chauffée nuit et jour. Au bout dequelque temps ils l’en retirèrent demi-mort, et ayant à peine unsouffle de vie. Les parents, voyant cela, s'écrièrent : I.e roi estmort ! mais les médecins leur répondirent : Ne criez pas, car le roidort. Ensuite ils le relevèrent de nouveau, le lavèrent avec del’eau douce pour enlever l’odeur du remède , et le déposèrent unedernière fois dans la même chambre, ftuand ils l'en eurent retiré,

(1) Ex bibliothecæ Vatic. exemplari édita. Impress.Romæ, 12 (sans date).