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HISTOIRE DE LA CHIMIE.
l’Espagne , et qu'arrivés à une certaine profondeur de la terre,ils se voyaient forcés de s'arrêter, soit à cause des airs irrespirables,soit à cause des eaux, dont ils ne savaient pas se débarrasser.
Les Komains se servaient de machines hydrauliques pour enleierl’eau qui inondait les mines. Voici comment s'exprime à cet égardDiodore de Sicile (lib. v, 24) : « Les ouvriers rencontrent souventdes eaux qui coulent sous terre. Mais l'audité du gain surmontetous les obstacles. Ils dessèchent les mines en enlevant ces eaux parle moy en de la roue ou de la vis égyptienne qu’Archimède de Syra-cuse inventa dans son voyage en Égypte . Et ayant mis à sec l’en-droit où elles coulaient, ils y travaillent à leur aise. »
C’est faute de savoir vaincre tous ces obstacles, que les mineurs dumoyen âge abandonnèrent les mines anciennes, sur lesquelles ilsavaient, fidèles à l’esprit général de leur époque, répandu une foulede contes superstitieux.
u La principale raison, dit Garrault (l), pour laquelle la plupartdes mines de France et d'Allemagne ont été abandonnées, tient àl’existence des esprits métalliques qui se sont fourrez en icelles.
« Ces esprits se représentent les uns en forme dechevaulx de les-gère cncoleure et d’un fier regard, qui de leur souffle et hennisse-ment tuoient les pauvres mineurs. Et dit-on qu'en la mine d’Anne-berg, en la fosse surnommée Couronne de lions, un de tels espritstua douze ouvriers pour une seule fois. Il y en a d'autres qui sonten ligure d’ouwiers afeublez d’un froc noir, qui enlevent les ou-vrons jusques au hault de la mine, puis les laissent tomber duhault en bas. Les follets ne sont si dangereux ; ils paraissent enforme et habit d’ouvriers, estant de deux pieds trois poulces dehauteur : ils vont et a iennent par la mine, ils montent et descen-dent du hault en bas, et font toute contenance de travailler. 1 .esGrecs les nomment kobalts , pour ce qu’ils sont imitateurs. Ils nefont aucun mal à ceux qui travaillent, s’ils 11 e sont irritez; mais,au contraire, ils ont soin d’eux et de leur famille, jusqucs au bes-tial ; qui est cause qu’ils n'en sont effrayez, mais conversent en-semble familièrement. On compte de six especes desdits esprits, des-quels les plus infestes sont ceux qui ont cecapeluchon noir, engen-dré d'une humeur main aise et grossière. Toutefois, ou peut sur-monter leur malice par jeusnes et oraisons.