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Tome premier.
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\prôs avoir obtenu le grade de magister, il se mit a enseigner lathéologie.d'abord à Cologne, puisa Paris , ou il passa plusieurs an-nées au milieu de ses nombeu.x élèves, qui l’aimaient jusqu’à l’ado-ration. Sa réputation , justement méritée, se répandit dans tous lespays. Il fut appelé à Rome pour défendre les privilèges de l'ordre desdominieains, dont il axait été nommé provincial ; les privilèges deeet ordre venaient d’être attaqués par l’université de Paris .

Quelque temps après (vers l’année 1259). Albert le Grand futnommé, par le pape Alexandre IV, évêque de Itatisbonne. Mais,préférant le silence de la retraite aux plus hautes dignités de l’Kglisc,il se démit volontairement des fonctions épiscopales. Il se retiradans un couvent, près de Cologne , pour y passer le reste de sa viedans la contemplation des œuvres du Créateur, tl mourut à l'âge dequatre-vingt-sept ans, et fut enterré au milieu du chœur de l’églisedes Dominieains à Cologne .

Albert le Grand unissait la science la plus vaste à la vertu la pluspure. C’est un des plus beaux caractères que l’histoire ait à nousoffrir.

l u homme versé dans les sciences ne pouvait pas échapper, aumoyen âge, à l’accusation de magicien. Il ne faut donc pas s’éton-ner qu’Albert le Grand ait été, après sa mort, décrié comme ayantentretenu un commerce illicite avec le démon. On se rappelle sansdoute ce conte, digne des Mille rl une \uifs, d'après lequel le pré-tendu magicien aurait procuré au comte Guillaume de Hollande leplaisir de jouir, pendant les heures d'un repas, de toutes les beautésdu printemps au milieu de la saison de l'hiver (l . — On ne se con-tentait pas seulement d’inventer des contes ridicules ; on allait jus-qu’à supposer à Albert le Grand des écrits ( Secrets du Petit Albert,Secrets du Grand Albert) dont la forme et le fond sont complète-ment étrangers au genre d'esprit du grand év êque de Itatisbonne.

Ouvrages d’Albert le Grand .

Albert le Grand est, de tous les auteurs, celui qui a le plus écrit.Ses ouvrages ne forment pas moins de vingt et un volumes in-lol. (2), en admettant qu’ils soient tous authentiques, ce qui est

(1) Annales Hirsaug., t. i, p. 592. — Historia nniversitatis Parisiens. , t. m,p. 213.

(2) Beati Alberti magni, episcopi Ratisbonnensis, opéra omnia, xxi vol. in-fol. ;Lu’gd., 1651.