HISTOIRE UE l,A CimUE.
300
contestable. La plupart des ouvrages de cet auteur fécond et élevéconcernent la théologie et la philosophie, plutôt que la chimie.
Parmi les livres de chimie, d'ailleurs en assez petit nombre, il yen a plusieurs qui sont évidemment supposés, faisons connaîtrechacun de ces livres en particulier, en commençant par le plusimportant.
De ulchimiu (1 .
Le traité, conçu avec un grand esprit d'impartialité et avec lineclarté rare, est fait pour nous donner une idée exacte de l’état del'alchimie au moyen âge.
1/auteur commence d'abord par déclarer qu’il est impossible des’éclairer et de tirer quelque lumière de la lecture des livres quiont été publiés sur l'alchimie ; car ils se contredisent et ne tiennentjamais ce que leurs titres promettent ; en un mot, ils sont vides desens et ne renferment rien de bon (2).
a J’ai connu, dit-il, de riches savants, des abbés, des direc-teurs, des chanoines, des physiciens et des illettrés, qui avaientperdu leur argent et leur temps dans les recherches de cet art.Néanmoins, cet exemple ne m’a pas découragé. Je travaillais sansrelâche, je voyageais de pays en pays, en me demandant : Si lachose est, comment est-elle? et si elle n’est pas. comment ne l’est-elle pas? Enfin, j'ai persév éré jusqu'à ce que je sois arrivé à recon-naître ([ne la transmutation des métaux en argent et en or estpossible 3). »
En lisant ces paroles si simples, et si éloiguées de toute espèce depréjugés, ou est, malgré soi, porté à croire que la transmutationdes métaux est chose possible. Il n’est donc pas étonnant qu’il y aitencore aujourd'hui en France, et surtout en Allemagne , des alchi-mistes, parmi lesquels on compte même des hommes de mérite.
Voici les conditions que doit, selon l'auteur, remplir un alchi-miste :
1 ° 11 doit être silencieux, discret, et ne révéler à personne le ré-
1 1) Opéra omnia, etc., vol. xxi. — Tlieat. cliim., t. u. — Vera alchemiæ ar-tisque inetallicæ domina, vol. i. —Fr. (.îuelin pense que l’auteur du Traitéd’alchimie est postérieur à Albert le Orand.
(2) Inveni eus ( libros ) vacnos esse ab omni profectu et ait omni bono aliénas.Tlieat. cliim., t. n, p. 459.
(3) Donec inveni esse possibilem transmutationem in Solem et Lunani. Ibid■