DEUXIÈME ÉPOQUE. S63
Faut-il s’étonner que des chimistes célèbres de nos jours aientcompris parmi les métaux des corps tels que le silicium, le titane, Ile tellure, le zirconium, etc., uniquement parce qu'ils sont suscep-tibles de prendre, par le frottement, un certain éclat métallique?
Bien qu’Albert le Grand accorde beaucoup d'importance à l'as-pect extérieur des corps, il croit cependant, avec Aristote , que lesespèces ne peuvent point être transmutées. L’or et l’argent desalchimistes ne soutiennent pas l’épreuve du feu.
Il décrit exactement la purification (coupellation) de l’argent etde l'or :
« L’argent est purifié dans le feu par le moyen du plomb; les im-puretés se séparent pendant la combustion.
« Pour purifier l'or, il faut le réduire en lames minces; ensuiteles saupoudrer d'un mélange de sel, de noir de fumée et de briquepulvérisée, et les calciner à un feu très-fort, jusqu'à ce que toutesles impuretés soient enlevées, et que l'or se montre pur et resplen-dissant. »
Le minéral qu’il désigne par le nom de inarcassite ne parait êtreautre chose qu’une pyrite zincifère ou arsénil'ère. Il en indique euquelque sorte la composition, en faisant observer que, par l'appli-cation de la chaleur, il se produit du soufre et une chaux métal-lique. Il savait que le cuivre blanc était, non pas du cuivre trans-formé en argent, mais un alliage qui, étant chauffé, dégage del’arsenic, et reprend l'aspect primitif du cuivre (l).
Albert le Grand s’est un des premiers servi du mot affinité dansle sens qu’on y attache aujourd'hui. « Le soufre, dit-il, noircit l'ar-gent et brûle en général les métaux, par l’affinité qu’il a pour cescorps ( propter afjinitatem naturœ metalla atlurit). »
Dans le même traité de rebus mctal/icis se rencontre aussi, pourla première fois, le mot vitreolum, appliqué à l’atrament vert ysul-fate de fer) (2).
Compositum de composais ( 3 ).
Ce petit traité abonde en idées intéressantes et neuves pour lescontemporains d’Albert le Grand .
(t) .Es exspirabit arscnicum, et tune redit pristinus color cupri sicut de faciliprobatur in alcheinids.
(2) Viriile atramentum, quod a quibusdam vitreolum vueatur.
(3) Theat. cliini., t. îv, p. 929.