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HISTOIRE DE LA CHIMIE.
Il comprend toute l'importance des luts, dont il l'ait varier lacomposition d’après la différence de la température.
«Lorsque l’appareil distillatoire [su/dimatorium ) est en verre,et qu’on le chauffe sur un bain de cendres, le lut se fait au moyen dela poudre de craie mélangée avec de la farine et du blanc d’œuf.Lorsque le vaisseau est en terre et qu’on le chauffe sur des char-bons , le lut doit consister en un mélange d’argile. de chaux vive,de lumier de cheval et d’eau salée, et le tout recouvert de papiermouillé. Pour fermer les jointures de l’appareil, il faut se servird’un lut fait avec un mélange de cendres, d’argile . de sel communhumecté d’urine. »
Les idées qu’il émet sur la nature du soufre et du charbon rap-pellent tout à fait la théorie du phlogistique. Le feu constitue, selonlui, la substance même de ces matières ; c’est ce que Slahl expri-mait en disant que le soufre et le charbon sont les substances lesplus riches en phlogistique feu combiné).
Dans le même traité, Albert le Grand décrit avec beaucoup d’exac-titude la préparation de l’acide nitrique, qu’il appelle eau prime ,ou l’eau philosophique au premier degré de perfection ; il en in-dique les principales propriétés, et surtout celle de séparer l’ar-gent de l'or et d’oxyder les métaux. Mais laissons-le parler lui-méme ;
« Prenez deux parties de vitriol romain, deux parties de nitre, etune partie d’alun calciné ; soumettez ccs matières bien pulvériséeset mélangées à la distillation dans une cornue de verre. Il fautavoir soin de fermer exactement toutes les jointures, afin que lesesprits ne s’échappent pas ne spiritusposaint evaporari). On com-mence par chauffer d’abord lentement, puis de plus en plus fort.— Le liquide ainsi obtenu dissout l'argent {est dissolution lunœ),sépare l’or de l’argent, transforme le mercure et le fer en chaux(oxydes)(1). »
Il remarque aussi que la dissolution de l’argent, dans cette eauprime, communique à la peau une couleur noire qui s’enlève très-difficilement ( tiugit cutem hominis nigro colore et difficultér mo-bili). C’était le nitrate d'argent.
Veau seconde était une espèce d’eau régale, faite en mêlant
(1) Auriim ab argento separat, Meicmium et Martem calcinât, convertit incakes. Tlieat cliim., t. iv, p. 937.