ï66 PRINCIPES DE BOTANIQUE.
188. Un petit nombre de végétaux échappe à cette classifi-cation ; ce sont les plantes parasites , c’est-à-dire celles quicroissent sur d’autres plantes et en tirent une nourriture déjàélaborée ; il faut se garder de les confondre avec les faussesparasites , telles que les mousses, les lichens, les épidendres,qui sont simplement appliqués sur l’écorce de leur support et senourrissent de l’humidité superficielle sans rien tirer de l’inté-rieur. Parmi les vraies parasites, on trouve plusieurs plantescellulaires dont la végétation est peu connue , et quelquesplantes vasculaires , telles que le gui qui s’implante sur le corpsligneux et se greffe naturellement avec l’arbre qui le porte , lacuscute qui tire sa nourriture au moyen de suçoirs implantésdans l’écorce.. Il est à remarquer que ces plantes font à-la-foiaexception aux deux règles que j’ai po?ées plus haut; la cuscutea même ceci dé très-remarquable, que dans sa jeunesse elletire sa nourriture du sol et s’élève verticalement, qu’ensuiteelledevient parasite et cesse d’être perpendiculaire. Je ne parle pointici des orobanches, parce que j’ai quelques raisons de soupçon-ner que ce sont de fausses parasites.
189. Attachons-nous à étudier l’entrée de l’eau dans les vé-gétaux non parasites, et gardons-nous de confondre, commeon l’a presque toujours fait, l’entrée du liquide dans la plante,avec la marche qu’il suit dans l’intérieur même du végétal. Lepremier de ces phénomènes doit être rapporté, comme l’ob-serve M. Senebier, à une classe de faits généraux , savoir à lapropriété fortement hygrométrique dont le tissu des végétauxest doué, soit pendant leur vie, soit après leur mort : tout lemonde sait avec quelle avidité le bois mort attire et conservel’humidité; on a vu des troncs coupés et déracinés, pousserdes branches vigoureuses qu’ils ne nourrissoient que par l’hu-midité qu’ils pompoicnl de l’air. La rose de Jéricho (anastnticaliierochuntina, Linn. ) desséchée , s’imbibe d’humidité et épa-nouit ses branches lorsqu’on la met dans l’eau; l’écorce exté-rieure des graines , quoique en apparence morte , pompe l’hu-midité ambiante ; les poils des aigrettes dans les composées ,des chevelures dans les onagres et les apocynées, des barbesdans les graminées , pompent l’humidité de l’air et exécutent desntouvemens si réguliers qu’ils pourroient servir d’hygromètres :tout prouve, en un mot, que le tissu membraneux des végétauxtend, indépendamment de toute action vitale, à se mettre en