ACTION DES ORGANES. 167
équilibré d’humidité avec le milieu qui l’entoure. Or, dans l’étatnaturel des choses , les pores radicaux qui sont placés dans unmilieu humide, pompent cette humidité; les pores corticauxqui sont placés dans un milieu plus sec que l’intérieur du vé-gétal , tendent à exhaler de l’humidité; mais on peut changerl’emploi de ces organes en changeant les circonstances exté-rieures : plaçons les pores radicaux dans un terrein sec, ilslâcheront leur humidité surabondante pour se mettre en équi-libre; M. Brugmans ayant placé des plantes dans du sable sec»a vu de petites gouttelettes d’eau suinter de l’extrémité des ra-dicules : plaçons les pores corticaux dans l’eau ou dans de l’airtrès-humide , ils absorberont au lieu d’exhaler, comme je l’aiéprouvé par des expériences directes, et comme le prouvoientdéjà les effets de la pluie c-t des arrosemens , les phénomènesde la végétation des plantes grasses ,'et plusieurs procédés con-nus des cultivateurs.
igo. Les anciens Naturalistes , frappés de l’énorme quantitéd’eau que les végétaux absorbent, et fondés sur certaines ex-périences dans lesquelles les plantes prennent un grand accrois-sement en paroissant n’absorber que de l’eau , avoient cru quece liquide seul pouvoit suffire à leur nutrition ; mais on a re-connu depuis : i°. que les végétaux qui croissent dans de l’eaudistillée, et sans pouvoir absorber aucun autre aliment, périssentau bout de peu de temps; 2°. que les végétaux contiennent unequantité considérable de carbone , plusieurs substances ter-reuses, quelques sels, quelques parcelles de métaux et plu-sieurs gaz, soit libres, soit combinés; que par conséquent l’eauseule ne peut fournir ces différens matériaux. Il convient doncd’examiner ici comment les différentes substances simples dontl’analyse démontre la présence dans tous les végétaux, peuventy être introduites par l’eau.
iqi. Il n’est pas besoin de l’analyse cliimiquepour démontrerque les végétaux contiennent une grande quantité de carbone ;mais ce carbone peut-il arriver aux végétaux dans son état depureté? La théorie nous apprend que le carbone, doué d’unegrande affinité pour l’oxigènc , n’existe que très-rarement dansla nature à l’état de pureté; que d’ailleurs, dans cet état, ilest totalement insoluble dans l’eau : par conséquent, les végé-taux ne pourroient absorber que le carbone suspendu dans leseaux, quantité trop insuffisante et trop variable pour devoir
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