168 PRINCIPES DE “BOTANIQUE.
être admise dans l’explication du phénomène qui nous occupe.L’expérience vient ici à l’appui de la théorie : M. Senebier avu que des plantes qui trempent dans l’eau de fumier (laquellecontient, selon ce savant, beaucoup de carbone en suspension ),aspirent moins que celles qui trempent dans une liqueur mé-langée d’eau et d’eau de fumier, et celles-ci moins que cellesqui trempent dans l’eau pure. Il se passe ici le même fait quedans les expériences où on fait sucer aux plantes de l’eau colo-rée j elles absorbent toujours moins que dans l’eau pure. Il pa-roît que ces petites molécules suspendues dans l’eau, obstruentles pores du végétal.
Si, au contraire , le carbone , comme il y tend sans cesse ,sc combine avec l’oxigène , il forme le gaz acide carbonique ,ce gaz est très-abondant dans la nature, parce qu’il est perpé-tuellement produit par la putréfaction , la fermentation et larespiration , et il se dissout avec une telle facilité dans l’eau ,cpi’il n’existe pas d’eau dans la nature qui n’en offre une cer-taine quantité , et qui ne puisse l’introduire dans les végétaux,Le terreau, les engrais et toutes les substances qui sont con-nues pour favoriser la nutrition des végétaux , contiennent ouforment facilement de l’acide carbonique ; ce gaz se retrouvemême dans l’atmosphère, et peut contribuer à la nutrition desvégétaux qui tirent leurs alimens de l’air en tout ou en partie.Nous verrons dans la suite qu’on a prouvé, par une multituded’expériences , qu’en effet l’acide carbonique , dissous dansl’eau que les végétaux absorbent, dépose son carbone dans lesplantes.
Existe-t-il quelqu’autre moyen d’expliquer l’entrée du car-bone dans les plantes? On conçoit que toutes les substancessolubles daus l’eau qui contiennent du carbone , pourront, parleur introduction dans les végétaux , y apporter cette matière.M. Senebier a déjà prouvé , par l’expérience , que les plantespeuvent s’approprier le carbone de l’acide gailique; s’il existaun véritable oxide de carbone, celte substance pourroit peut-être jouer le même rôle : mais la rareté de ces matières , com-parée à l’extrême abondance de l’acide carbonique, est à mesyeux une preuve évidente que ce dernier estla principale sourcodu carbone des végétaux. 11 faut lui réunir, pour l’explicationtotale du phénomène , la petite quantité de carbone qui se trouvedans les matières végétales et animales solubles à l’eau, et