178 PRINCIPES DE BOTANIQUE,plantes sont frappées parles rayons directs du soleil; que pen-dant la nuit, les plantes ne dégagent aucun gaz; que ce déga-gement a lieu seulement dans les organes des plantes qui sontnaturellement de couleur verte ; savoir, les feuilles, les jeunespousses, les calices, les fruits avant leur maturité; que cetteaction s’opère dans le parenchyme des feuilles, et indépen-damment de la présence de l’épiderme; on a reconnu enfin ,et c’étoit réellement le point important , on a reconnu , dis-je.que le même phénomène a lieu lorsque les plantes sont expo-sées dans de l’air qui contient un peu de gaz acide carbo-nique, comme est, par exemple, l’air atmosphérique.
210. S’il est vrai que le phénomène consiste en une absorptionde carbone , on doit retrouver ce carbone dans le végétal. Entreplusieurs expériences qui prouvent ce fait, je n’en citerai qu’une,qui est concluante par sa précision. M. Théodore de baussure aintroduit sept plantes de pervenche dans un récipient pleind’une atmosphère artificielle , composée d’air atmosphériqueet de sept centièmes et demi de gaz acide carbonique; les ra-cines de ces plantes plongeoient dans un vase séparé , et l’orificedu récipient étoit fermé par du mercure recouvert d’une couched’eau : il mit sept autres plantes dans un appareil semblable,mais qui ne contenoit aucune particule sensible de gaz acidecarbonique. Ces pervenches, avant l’expérience, pesoient deuxmille sept cent sept milligrammes , sans y comprendre l’eau devégétation , et fournissoient, par leur carbonisation , cinq centvingt-huit milligrammes de charbon. Après avoir vécu sixjours dans l’appareil dépouillé d’acide carbonique , ces plantesavoient perdu un peu de carbone plutôt que d’en acquérir,tandis que celles qui avoient vécu pendant le même temps dansle récipient qui contenoit de l’acide carbonique , fournirent parleur carbonisation six ceut vingt neuf milligrammes de char-bon , et avoient par conséquent acquis cent vingt milligrammesde charbon, en décomposant l’acide carbonique de l’air.
211. Nous avons vu que la décomposition de l’acide carbo-nique ne s’opère , dans nos expériences , que par l’effet de lalumière directe du soleil. M. Senebier observe que les différensrayons du spectre solaire produisent le même effet à différonsdegrés d’intensité, et que le rayon violet, c’est-à-dire le plusrcfrangible , est celui dont l’action est la plus énergique. Ilparoît cependant que cette décomposition peut avoir lieu sans