CHAPITRE XVI.
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marche inintelligible pour le vulgaire des spectateurs :mais l’observateur attentif et exercé sait débrouiller cemagnifique cahos. Ce qu’il y a de plus remarquable, ditM. Dupin, membre de l'Académie Royale des Sciences deFrance , dans une aurore boréale qu’il observait à Glascow,le 19 septembre 1817, était le jeu des rayons et leurs ondu-lations lumineuses : ils étaient formés en larges groupes quitantôt s’approchaient et tantôt s’éloignaient l'un de l’autre :qui semblaient quelquefois s’élever en masse, et d’autresfois descendre comme une pluie de lumière. Indépendam-ment de ces mouvemens généraux, il y avait dans chaquefaisceau de rayons, un mouvement latéral qu’on distinguaitpar l’intensité plus ou moins grande des rayons parallèles :on voyait les parties plus ou moins lumineuses avancer pa-rallèlement à elles-mêmes, comme des ondes régulières : etce qu'il y avait de plus remarquable, c’est qu’on distinguaitsouvent dans le même faisceau deux mouvemens ondula-toires dirigés en sens opposés, de manière que les nuancesd’ombre et de lumière, avançaient régulièrement en senscontraire, et se superposaient sans se confondre, commedeux mouvemens ondulatoires sur la surface d'un fluide ,au moment où les contours des ondes opposées commen-cent à se rencontrer. La lumière était généralement blan-che , argentine , ou bien un peu argentée : l’extrémité infé-rieure des faisceaux, laissait pourtant apparaître quelquescouleurs du prisme, le jaune, le rouge et le bleu : pendantun instant, une teinte légèrement verdâtre s’est répanduesur un faisceau. Pour prendre le phénomène dès son début,nous dirons qu'on aperçoit vers le pôle, trois ou quatreheures après le coucher du soleil, un brouillard de la formed'un segment de cercle : sa circonférence ne tarde pas à de-venir lumineuse, et des faisceaux de lumière, diversementcolorés, s'élancent du segment obscur sous la forme degrands arcs de cercle, qui vont concourir en un mêmepoint du cic!, où se produit une espèce de couronne lumi-