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TRAITÉ DE MÉTÉOROLOGIE.
EXAMEN d’une ANOMALIE QUE LES TEMPÉRATURES ATMOSPHÉ-RIQUES , PRISES A DIVERSES HAUTEURS, PRÉSENTENT LA NUIT,QUAND LE CIEL EST SEREIN.
117* La température des couches atmosphériques estd'autant moindre que ces couches sont plus élevées : il n’ya d’exception à cette règle que la nuit,par un temps sereinet calme; dans ce cas, jusqu’à certaines hauteurs, onobserve une progression croissante ; alors, d'après des expé-riences de Pictet à qui l’on doit la découverte de cetteanomalie, un thermomètre suspendu dans l’air, à 2 mètresdu sol, peut marquer toute la nuit 2 0 à 3 ° centigrades demoins qu’un thermomètre également suspendu dans l'air,mais à i 5 ou 20 mètres plus haut. Si l’on se rappelle queles corps solides placés à la surface de la terre , passent parvoie de rayonnement, quand le ciel est serein , à une tem-pérature notablement inférieure à celle de l’air qui les en-toure , on ne doutera guère que cet air ne doive, à la longueet par voie de contact, participer à ce même refroidisse-ment et d’autant plus qu'il se trouve plus près de la terre.C’est là, comme on voit, une explication plausible du faitcurieux signalé par le physicien de Genève . Nos jeunes na-vigateurs lui donneront le caractère d’une véritable démons-
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tration, s'ils répètent l’expérience de Pictet en pleine mer ;si, par un ciel serein et calme, ils comparent de nuit unthermomètre placé sur le pont avec un thermomètre at-taché au sommet du mât. Ce n’est pas que la couche super-ficielle de l’Océan n’éprouve les effets du rayonnementnocturne, tout comme l'édredon, la laine, 1 herbe, etc.;mais dès que sa température a diminué, cette couche seprécipite, parce qu elle est devenue spécifiquement plusdense que les couches liquides inférieures fchap. I, n° 6) :