DU SYSTÈME DU MONDE. 17
Si Fannée civile était constamment de 365 jours; son commen-cement anticiperait sans cesse sur celui de la véritable annéetropique, et il parcourrait en rétrogradant, les diverses saisons,dans une période d’environ i5o8 ans. Mais cette année qui futautrefois en usage dans l’Égypte , ôte au calendrier, l’avantage d’atta-cher les mois et les fêtes aux mêmes saisons, et d’en faire desépoques remarquables pour l’agriculture. On conserverait cet avan-tage précieux aux habitans des campagnes, en considérant l’originede l’année, comme un phénomène astronomique que l’on fixeraitpar le calcul, au minuit qui précède le solstice ou l’équinoxe; etc’est ce que l’on a fait en France , à la fin du dernier siècle. Maisalors, les années bissextiles ou de 366 jours, s’intercalant suivantune loi très-compliquée; il serait difficile de décomposer en jours,un nombre quelconque d’années, ce qui répandrait de la confusionsur l’histoire et sur la chronologie. D’ailleurs, l’origine de l’année,que l’on a toujours besoin de connaître d’avance, deviendraitincertaine et arbitraire, lorsqu’elle approcherait de minuit, d’unequantité moindre que l’erreur des tables solaires. Enfin, l’ordre desbiss xtiles changerait avec les méridiens, ce qui formerait un obs-tacle à l’adoption si désirable d’un même calendrier par les différenspeuples. En voyant en effet, chaque peuple compter de son principalobservatoire, les longitudes géographiques; peut-on croire qu’ilss’accorderont tous à faire dépendre d’un même méridien, le com-mencement de leur année? II faut donc abandonner ici la nature,et recourir à un mode d’intercalation artificiel, mais régulier etcommode. Le plus simple de tous, est celui que Jules-César intro-duisit dans le calendrier romain, et qui consiste à intercaler unebissextile, tous les quatre ans. Mais si la courte durée de la viesufiit pour écarter sensiblement l’origine dies années égyptiennes,du solstice ou de l’équinoxe ; il ne faut qu’un petit nombre de siècles,pour opérer le même déplacement dans l’origine des années juliennes ;ce qui rend indispensable, une intercalation plus composée. Dansl’onzième siècle, les Perses en adoptèrent une, remarquable parson exactitude. Elle se réduit à rendre la quatrième année, bissextilesept fois de suite, et à ne faire ce changement la huitième fois , qu’àla cinquième année. Cela supposé la longueur de Fannée tropique,
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