DU SYSTÈME DU MONDE. 3g
plus grand qu’il est possible, dans les oppositions où il s’élève ài4i",6;sa grandeur moyenne est de 113",4 dans le sens de l’équateur;mais il n’est pas égal dans tous les sens. La planète est sensiblementaplatie à ses pôles de rotation, et Arago a trouvé par des mesurestrès-précises, que son diamètre dans le sens des pôles, est à celuide son équateur, à fort peu près dans le rapport de 167 à 177.
On observe autour de Jupiter , quatre petits astres qui l’accom-pagnent sans cesse. Leur configuration change à tout moment : ilsoscillent de chaque côté de la planète, et c’est par l’étendue entièredes oscillations, que l’on détermine leur rang, en nommant premiersatellite, celui dont l’oscillation est la moins étendue. On les voitquelquefois passer sur le disque de Jupiter , et y projeter leurombre quL décrit alors une corde de ce disque ; Jupiter et sessatellites sont donc des corps opaques, éclairés par le soleil. Ens’interposant entre le soleil et Jupiter , les satellites forment parleurs ombres sur cette planète, de véritables éclipses de soleil,parfaitement semblables à celles que la lune produit sur la terre.
L’ombre que Jupiter projette derrière lui relativement au soleil,donne l’explication d’un autre phénomène que les satellites nousprésentent. On les voit souvent disparaître, quoique loin encoredu disque de la planète : le troisième et le quatrième reparaissentquelquefois , du même côté de ce disque. Ces disparitions sontentièrement semblables aux éclipses de lune , et les circonstancesqui les accompagnent, ne laissent à cet égard , aucun doute. Onvoit toujours les satellites disparaître du côté du disque de Jupiter ,opposé au soleil, et par conséquent du même côté que le côned’ombre qu’il projette; ils s’éclipsent plus près de ce disque, quandla planète est plus voisine de son opposition ; enfin, la durée deleurs éclipses répond exactement au temps qu’ils doivent employera traverser-le cône d’ombre de Jupiter . Ain si les satellites se meu-vent d’occident en orient, autour de cette planète.
L’observation de leurs éclipses est le moyen le plus sûr pourdéterminer leurs mouvemens. On a d’une manière précise, lesdurées de leurs révolutions sidérales et synodiques autour deJupiter , en comparant des éclipses éloignées d’un grand intervalle,et observées près des oppositions de la planète. On trouve ainsi,