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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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7 8 EXPOSITION

La question fut ainsi réduite au choix de cette mesure universelleà laquelle on donna le nom de mètre.

La longueur du pendule et celle du méridien, sont les deux prin-cipaux moyens qu’offre la nature, pour fixer l’unité des mesureslinéaires. Indépendans l’un et l’autre, des révolutions morales, ilsne peuvent éprouver d’altération sensible, que par de très-grandschangemens dans la constitution physique de la terre. Le premiermoyen, d’un usage facile, a l’inconvénient de faire dépendre lamesure de la distance, de deux élémens qui lui sont hétérogènes,la pesanteur et le temps dont la division est d’ailleurs arbitraire,et dont on ne pouvait pas admettre la division sexagésimale, pourfondement d’un système décimal de mesures. On se détermina doncpour le second moyen qui paraît avoir été employé dans la plushaute antiquité; tant il est naturel à l’homme, de rapporter lesmesures itinéraires, aux dimensions mêmes du globe qu’il habite;ensorte qu’en se transportant sur ce globe, il connaisse par la seuledénomination de l’espace parcouru, le rapport de cet espace, aucircuit entier de la terre. On trouve encore à cela, l’avantage defaire correspondre les mesures nautiques avec les mesures célestes.Souvent le navigateur a besoin de déterminer l’un par l’autre, lechemin qu’il a décrit, et l’arc céleste compris entre les zéniths deslieux de son départ et de son arrivée; il est donc intéressant quel’une de ces mesures soit l’expression de l’autre , à la différenceprès de leurs unités. Mais pour cela, l’unité fondamentale desmesures linéaires doit être une partie aliquote du méridien terrestre,qui corresponde à l’une des divisions de la circonférence. Ainsi lechoix du mètre fut réduit à celui de l’unité des angles.

L’angle droit est la limite des inclinaisons d’une ligne sur un plan,et de la hauteur des objets sur l’horizon : d’ailleurs, c’est dans lepremier quart de la circonférence, que se forment les sinus etgénéralement toutes les lignes que la trigonométrie emploie, et dontles rapports avec le rayon, ont été réduits en tables; il était doncnaturel de prendre l’angle droit, pour l’unité des angles, et le quartde la circonférence, pour l’unité de leur mesure. On le divisa enparties décimales ; et pour avoir des mesures correspondantes sur}a terre, on divisa dans les mêmes parties, le quart du méridien