DU SYSTÈME DU MONDE. 73
terrestre, ce qui a été fait dans l’antiquité5 car la mesure de la terre,citée par Aristote , et dont l’origine est inconnue, donne cent millestades, au quart du méridien. Il ne s’agissait plus que d’ayoir exac-tement sa longueur. Ici, deux questions se présentaient à résoudre.Quel est le rapport d’un arc du méridien, mesuré à une latitudedonnée, au méridien entier ? Tous les méridiens sont-ils semblables ?Dans les hypothèses les plus naturelles sur la constitution du sphé-roïde terrestre, la différence des méridiens est insensible, et le degrédécimal dont le milieu répond à cinquante degrés de latitude, est lacentième partie du quart du méridien : l’erreur de ces hypothèses,ne pourrait influer que sur les distances géographiques où elle n’estd’aucune importance. On pouvait donc conclure la grandeur duquart du méridien, de celle de l’arc qui traverse la France depuisDunkerque jusqu’aux Pyrénées, et qui fut mesuré en 1740 par lesacadémiciens français . Mais une nouvelle mesure d’un arc plus grandencore, faite avec des moyens plus exacts, devant inspirer en faveurdu nouveau système des poids et mesures, un intérêt propre à lerépandre ; on résolut de mesurer l’arc du méridien terrestre, comprisentre Dunkerque et Barcelone. Ce grand arc prolongé au sud jusqu’àFormentera , et au nord, jusqu’au parallèle de Greenvich, et dontle milieu répond à très-peu près au parallèle moyen entre le pôleet l’équateur, a donné la longueur du quart du méridien, égaleà 5i3o74o toises. On a pris la dix-millionième partie de cettelongueur, pour le mètre ou l’unité des mesures linéaires. La décimaleau-dessus, eût été trop grande ; la décimale au-dessous, trop petite;et le mètre dont la longueur est de o toi ,5i3o74 remplace avec avan-tage , la toise et l’aune, deux de nos mesures les plus usuelles.
Toutes les mesures dérivent du mètre de la manière la plus simple :les mesures linéaires en sont des multiples et des sous-multiplesdécimaux.
L’unité des mesures de capacité, est le cube de la dixiéme partiedu mètre : on lui a donné le nom de litre.
L’unité des mesures superficielles pour le terrein, est un carrédont le côté est de dix mètres : elle se nomme are.
On a nommé stère, un volume de bois de chauffage, égal à unmètre cube,