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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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C)8 EXPOSITION

plus petite dans les lieux où la pesanteur est moindre. Ainsi le coeffi-cient 187",24 déterminé pour le parallèle de 5o°, doit à la surface dela terre, varier comme la pesanteur : il faut ainsi en retrancherle produit de o",53 par le cosinus du double de la latitude.

La table dont on vient de parler, suppose que la constitution del’atmosphère est partout et dans tous les instans, la môme : c’estce que l’expérience a fait connaître. On sait maintenant que notreair n’est point une substance homogène, et que sur cent parties, ilen contient 79 de gaz azote et 21 de gaz oxigène, gaz éminemmentrespirable, nécessaire à la combustion des corps et à la respirationdes animaux, qui n’est qu’une combustion lente, principale sourcede la chaleur animale : trois -ou quatre parties d’acide carbonique,sont répandues dans mille d’air atmosphérique. On a soumis à desanalyses très-précises, cet air pris dans toutes les saisons, dans lesclimats les plus lointains, sur les plus hautes montagnes, et à deshauteurs plus grandes encore : on a trouvé constamment la mêmeproportion des deux gaz azote et oxigène. Une légère envelopperemplie de gaz hydrogène, le plus rare de tous les fluides élastiques,sùüève avec les corps qui y sont attachés, jusqu’à ce qu’elle ren-contre une couche de l’atmosphère assez peu dense pour y demeureren équilibre. Par ce moyen dont on doit l’heureuse expérience auxsavans français , l’homme a étendu son domaine et sa puissance :il peut s’élancer dans les airs, traverser les nuages et interroger lanature dans les hautes régions de l’atmosphère, auparavant inac-cessibles. L’ascension la plus utile aux sciences, a été celle deGay-Lussac qui s’est élevé à sept mille seize mètres au-dessus duniveau des mers, hauteur la plus grande à laquelle on soit encoreparvenu, et qui surpasse d’environ cinq cents mètres, la cime duChimboraço, la plus haute montagne connue. Il a mesuré à cettehauteur, l’intensité de la force magnétique, et l’inclinaison de l’aiguilleaimantée, qu’il a trouvées les mêmes qu’à la surface de la terre. Aumoment de son départ de Paris , vers dix heures du matin, la hauteurdu baromètre était de o m -,7652, le thermomètre marquait 3o°,7, etl’hygromètre à cheveu, 6o°. Cinq heures après, à la plus grandeélévation, les mêmes instrumens indiquaient o m -,52883 —9*,5 et 53’.Ayant rempli un ballon, de l’air de ces couches élevées, il en a fait