DU SYSTÈME DU MONDE. 99
avec un grand soin, l’analyse; et il n’a point reconnu de différenceentre cet air et celui des couches les plus basses de l’atmosphère.
Ce n’est que depuis un demi-siècle environ, que les astronomesont fait entrer les hauteurs du baromètre et du thermomètre dansles tables de réfraction : l’extrême précision que l’on cherche main-tenant à donner aux observations et aux instrumens d’astronomie,faisait desirer de connaître l’influence de l’humidité de l’air sur saforce réfringente, et s’il est nécessaire d’avoir égard aux indicationsde l’hygromètre. Pour suppléer aux expériences directes qui man-quaient sur cet objet, je suis parti de l’hypothèse que les actions del’eau et de sa vapeur, sur la lumière, sont proportionnelles à leursdensités ; hypothèse d’autant plus vraisemblable, que des changemensdans la constitution des corps, beaucoup plus intimes que la réductiondes liquides en vapeurs, n’altèrent point d’une manière sensible, lerapport de leur action sur la lumière, à leur densité. Dans cettehypothèse, le pouvoir réfringent de la vapeur aqueuse peut êtreconclu de la réfraction qu’éprouve un rayon lumineux, en passantde l’air dans l’eau, réfraction que l’on a mesurée avec exactitude.On trouve ainsi que ce pouvoir réfringent surpasse celui de l’airréduit à la même densité que la vapeur; mais à pressions égales, ladensité de l’air surpasse celle de la vapeur, à peu près dans le mêmerapport : d’où il résulte que la réfraction due à la vapeur aqueuserépandue dans l’atmosphère, est à peu près la même que celle del’air dont elle occupe la place, et qu’ainsi l’elfet de l’humidité de l’airsur la réfraction, est insensible. Biot a confirmé ce résultat, par desexpériences directes qui montrent de plus, que la températuren’influe sur la réfraction, que par le changement qu’elle produit dansla densité de l’air.
La théorie précédente suppose une atmosphère parfaitementcalme, ensorte que la densité de l’air soit partout la même à deshauteurs égales au-dessus du niveau des mers. Mais les vents et lesinégalités de température, altèrent cette hypothèse et peuvent affecterd’une manière sensible, les réfractions. Quelque perfection que l’ondonne aux instrumens d’astronomie, l’effet de ces causes perturba-trices , s’il est remarquable, sera toujours un obstacle à la précisionextrême des observations qu’il faudra multiplier considérablement