i5o EXPOSITION
de 1607 à 1682, que de 1682 à 1769. Il paraît donc que des causessemblables à celles qui altèrent le mouvement elliptique des planètes,troublent celui des comètes d’une manière encore plus sensible.
On a soupçonné le retour de quelques autres comètes : le plusprobable de ces retours était celui de la comète de i 532 , que l’on acru être la même que la comète de 1661, et dont on avait fixé larévolution à cent vingt-neuf ans. Mais cette comète n’ayant pointreparu en 1790; il y a tout lieu de croire que ces deux comètesne sont pas la même ; et l’on n’en sera point surpris, si l’on considèrel’imperfection des observations d’Appien et de Fracastor , d’aprèslesquelles ses élémens en 1532, ont été déterminés. Ces observationssont si grossières, qu’elles laissent suivant Méchain qui les a biendiscutées, une incertitude de 4x° sur la position du nœud, de io*sur l’inclinaison, de 22' sur la position du périhélie, et de o,255 surla distance périhélie.
La nébulosité dont les comètes sont presque toujours environnées,paraît être formée des vapeurs que la chaleur solaire élève de leursurface. On conçoit , en effet, que la grande chaleur qu’elleséprouvent vers leur périhélie, doit raréfier les matières congeléespar le froid qu’elles éprouvaient à leurs aphélies. Cette chaleur estexcessive pour les comètes dont la distance périhélie est très-petite.La comète de 1680 fut dans son périhélie , cent soixante et six foisplus près du soleil que la terre, et par conséquent, elle dut enéprouver une chaleur vingt-sept mille cinq cents fois plus grandeque celle qu’il communique à la terre, si, comme tout porte à lepenser, sa chaleur est proportionnelle à l’intensité de sa lumière.Cette grande chaleur fort supérieure à celle que nous pouvonsproduire, volatiliserait selon toute apparence, la plupart des subs-tances terrestres.
Quelle que soit la nature de la chaleur, nous savons certainementqu’elle dilate tous les corps, et qu’elle en réduit un grand nombre,de solides en fluides, et de fluides en vapeurs. Ces changemens sontmarqués par de singuliers phénomènes que nous, allons suivre surla glace. Considérons un volume de neige ou de glace pilée, dansun vase ouvert et soumis à l’action d’une grande chaleur. Si latempérature de cette glace est au-dessous de celle de la glace