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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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i 5 a EXPOSITION

partie latente devient sensible, lorsque l’on ramène par la couhpression, le gaz à sa densité primitive.

Il existe des corps qui ne peuvent pas devenir fluides, par les plusgrandes chaleurs que nous puissions exciter. Il en est d’autres quele plus grand froid qu’ils éprouvent sur la terre, ne peut pas réduireà l’état solide : tels sont les fluides qui forment notre atmosphère ,et qui, malgré la pression et le froid auxquels on les a soumis, sesont jusqu’ici maintenus dans l’état de vapeurs. Mais leur analogieavec les fluides aériformes dans lesquels nous réduisons par lachaleur, un grand nombre de substances, et leur condensation parla compression et par le froid, ne permettent pas de douter que cesfluides ne soient des corps extrêmement volatils, qu’un grand froidréduirait à l’état solide. Il suffirait pour leur faire prendre cet état,d’éloigner la terre du soleil ; comme il suffirait de l’en rapprocher,pour taire entrer l’eau et plusieurs autres corps, dans notre atmo-sphère. Ces grandes vicissitudes ont lieu sur les comètes, etprincipalement sur celles qui approchent très-près du soleil, dansleur périhélie. Les nébulosités qui les environnent, étant le résultatde la vaporisation des fluides à leur surface; le refroidissement quien est la suite, doit tempérer l’excessive chaleur due à leur proximitédu soleil ; et la condensation des mêmes fluides vaporisés, quandelles s’en éloignent, répare en partie, la diminution de chaleur quecet éloignement doit produire ; ensorte que le double effet de lavaporisation des fluides et de la condensation des vapeurs, rap-proche considérablement les limites de la plus grande chaleur etdu plus grand froid que les comètes éprouvent, à chacune de leursrévolutions.

En observant les comètes avec de forts télescopes, et dans descirconstances où nous ne devrions apercevoir qu’une partie de leurhémisphère éclairé, on n’y découvre point de phases. Une seulecomète , celle de 1682, en a présenté à Hevelius et La Hire .On verra dans la suite, que les masses des comètes sont d’unepetitesse extrême ; les diamètres de leurs disques doivent donc êtrepresqu’insensibles, et ce qu’on nomme leur noyau , est selon touteapparence, formé en grande partie, des couches les plus denses deJa nébulosité qui les environne : aussi Herschell, avec de très-forts