DU SYSTÈME DU MONDE. 3 55
télescopés, est-il parvenu à reconnaître dans le noyau de la comètede 1811, un point brillant qu’il a jugé avec x’aison, être le disquemême de la comète. Ces couches sont encore extrêmement rares,puisque l’on a quelquefois aperçu des étoiles au travers.
Les queues que les comètes trament après elles, paraissent êtrecomposées des molécules les plus volatiles que la chaleur du soleilélève de leurs surfaces, et que l’impulsion de ses rayons en éloigneindéfiniment. Cela résulte de la direction de ces traînées de vapeurs,toujours situées au-delà de la tête des comètes relativement ausoleil, et qui croissant à mesure que ces astres s’en approchent,n’atteignent leur maximum qu’après le passage au périhélie. L’ex-trême ténuité des molécules, augmentant le rapport des surfacesaux masses; elle peut rendre sensible, l’impulsion des rayonssolaires, qui doit alors faire décrire à peu près à chaque molécule,un orbe hypei'bolique, le soleil étant au foyer de l’hyperboleconjuguée correspondante. La suite des molécules mues sur cescourbes depuis la tête de la comète, forme une traînée lumineuseopposée au soleil, et un peu inclinée au côté que la comète abandonneen s’avançant dans son orbite : c’est en effet, ce que l’observationnous montre. La promptitude avec laquelle ces queues s’accroissent,peut faire juger de la rapidité d’ascension de leurs molécules. Onconçoit que les différences de volatilité, de grosseur et de densitédes molécules, doivent en produire de considérables dans lescourbes qu’elles décrivent ; ce qui apporte de grandes variétés dansla forme, la longueur et la largeur des queues des comètes. Si l’oncombine ces effets avec ceux qui peuvent résulter d’un mouvementde rotation dans ces astres, et avec les illusions de la parallaxeannuelle ; on pourra rendre raison des singuliers phénomènes queleurs nébulosités et leurs queues nous présentent.
Quoique les dimensions des queues des comètes soient de plusieursmillions de myriamètres , cependant elles n’affaiblissent pas sensi-blement la lumière des étoiles que l’on observe à travers; elles sontdonc d’une rareté extrême, et leurs masses sont probablementinférieures à celles des plus petites montagnes de la tei're; elles11e peuvent ainsi par leur rencontre avec elle, y produire aucuneffet sensible. Il est très - probable qu’elles l’ont plusieurs fois