174 EXPOSITION
ces différences de pressions, résultent trois forces perpendiculairesentre elles, qu’il faut combiner avec les autres forces qui sollicitentla molécule. Il est facile d’en conclure que la différentielle de lapression est, dans l’état d’équilibre, égale à la densité de la moléculefluide, multipliée par la somme des produits de chaque force parl’élément de sa direction ; cette somme est donc une différence,exacte, si le fluide est incompressible et homogène; résultat importantauquel Clairaut est parvenu le premier, dans son bel ouvrage surla Figure de la Terre.
Quand les forces sont produites par des attractions qui sonttoujours une fonction de la distance aux centres attirans; le produitde chaque force par l’élément de sa direction, est une différentielleexacte; la densité de la molécule fluide doit donc être alors unefonction de la pression, puisque la différentielle de la pressiondivisée par cette densité, est égale à une différence exacte. Ainsitoutes les couches de la masse fluide dans lesquelles la pressionest constante, sont de même densité dans toute leur étendue. Larésultante de toutes les forces qui animent chaque molécule de lasurface de ces couches, est perpendiculaire à cette surface surlaquelle la molécule glisserait, si cette résultante lui était inclinée.Ces couches ont été nommées par cette raison, couches de niveau.
La densité d’une molécule d’air atmosphérique, est une fonctionde la pression et de la chaleur : sa pesanteur est à très-peu prèsune fonction de sa hauteur au-dessus de la surface de la terre. Sisa chaleur était pareillement une fonction de cette hauteur, l’équa-tion de l’équilibre de l’atmosphère serait une équation différentielleentre la pression et la hauteur; et par conséquent l’équilibre seraittoujours possible. Mais dans la nature, la chaleur des diversesparties de l’atmosphère, dépend encore, de la latitude, de la présencedu soleil, et de mille autres causes variables ou constantes quidoivent exciter dans cette grande masse fluide, des mouvementsouvent très-considérables.
En vertu de la mobilité de ses parties, un fluide pesant peutexercer une pression beaucoup plus grande que son poids : un filetd’eau ,par exemple, qui se termine par une large surface horizontale,presse autant la base sur laquelle il repose, qu’un cylindre d’eau de