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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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180 EXPOSITION

fausse hypothèse, de fausses lois de la communication du mouvement,qui sont un exemple remarquable des erreurs auxquelles ons’expose en cherchant à deviner les lois de la nature, par les vuesqu’on lui suppose.

Lorsqu’un corps reçoit une impulsion suivant une direction quipasse par son centre de gravité ; toutes ses parties se meuvent avecune égale vitesse. Si cette direction passe à côté de ce point; lesdiverses parties du corps ont des vitesses inégales, et de cetteinégalité, résulte un mouvement de rotation du corps autour deson centre de gravité, en même temps que ce centre est transportéavec la vitesse qu’il aurait prise, si la direction de l’impulsion eûtpassé par ce point. Ce cas est celui de la terre et des planètes.Ainsi pour expliquer le double mouvement de rotation et de trans-lation de la terre, il suffit de supposer qu’elle a reçu primitivementune impulsion dont la direction a passé à une petite distance de soncentre de gravité, distance qui dans l’hypothèse de l’homogénéité decette planète, est à peu près la cent soixantième partie de son rayon.Il est infiniment peuprobable que la projection primitive des planètes,des satellites et des comètes, a passé exactement par leurs centresde gravité ; tous ces corps doivent donc tourner sur eux-mêmes.Par une raison semblable , le soleil qui tourne sur lui-même, doitavoir reçu une impulsion qui, n’ayant point passé par son centrede gravité, le transporte dans l’espace, avec le système planétaire, àmoins qu’une impulsion dans un sens contraire, n’ait anéanti cemouvement, ce qui n’est pas vraisemblable.

L’impulsion donnée à une sphère homogène, suivant une directionqui ne passe point par son centre, la fait tourner constammentautour du diamètre perpendiculaire au plan mené par son centreet par la direction de la force imprimée. De nouvelles forcesqui sollicitent tous ses points, et dont la résultante passe par soncentre, n’altèrent point le parallélisme de son axe de rotation.C’est ainsi que l’axe de la terre reste toujours à très-peu prèsparallèle à lui-même, dans sa révolution autour du soleil; sans qu’ilsoit nécessaire de supposer avec Copernic , un mouvement annueldes pôles de la terre autour de ceux de l’écliptique.

Si le corps a une figure quelconque, son axe de rotation peut