DU SYSTÈME DU MONDE. i85
par la pensée, tous les corps de leur position, proportionnellementaux quantités relatives à la seconde espèce d’oscillations. En vertude la coexistence des oscillations, le système oscillera par rapportaux états successifs qu’il aurait eus par la première espèce d’oscil-lations, comme il aurait oscillé par la seconde espèce seule, autourde son état d’équilibre ; son mouvement sera donc formé des deuxpremières espèces d’oscillations. On peut semblablement combineravec ce mouvement, la troisième espèce d’oscillations , et encontinuant ainsi de combiner toutes ces espèces, de la manière laplus générale • on peut composer par la synthèse, tous les mouvemenspossibles du système, pourvu qu’ils soient très-petits. Réciproque-ment , on peut par l’analyse , décomposer les mouvemens, enoscillations simples. De là résulte un moyen facile de reconnaîtrela stabilité absolue de l’équilibre d’un système de corps. Si danstoutes les positions relatives à chaque espèce d’oscillations, lesforces tendent à ramener les corps à l’état d’équilibre, cet état serastable : il ne le sera pas, ou il n’aura qu’une stabilité relative j sidans quelqu’une de ces positions, les forces tendent à en éloignerles corps.
Il est visible que celte manière d’envisager les mouvemens très-petits d’un système de corps, peut s’étendre aux fluides eux-mêmesdont les oscillations sont le résultat d’oscillations simples, existantesà-la-fois, et souvent en nombre infini.
On a un exemple sensible de la coexistence des oscillations très-petites, dans les ondes. Quand on agite légèrement un point de lasurface d’une eau stagnante, on voit des ondes circulaires se formeret s’étendre autour de lui. En agitant la surface dans un autre point,de nouvelles ondes se forment et se mêlent aux premières : elles sesuperposent à la surface agitée parles premières ondes, commeelles se seraient disposées sur cette surlàce, si elle eût été tranquille;ensorte qu’on les distingue parfaitement dans leur mélange. Ce quel’œil aperçoit relativement aux ondes, l’oreille le sent par rapportaux sons ou aux vibrations de l’air, qui se propagent simultanémentsans s’altérer, et font des impressions très-distinctes.
Le principe de la coexistence des oscillations simples, que l’ondoit à Daniel Bernoulli, est un de ces résultats généraux qui plaisent ^