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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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EXPOSITION

des chronologistes placent la création du monde. Les observationsanciennes ne sont pas assez précises, et les observations modernessont trop rapprochées pour fixer avec exactitude, la quantité desgrands changemens des orbes planétaires ; cependant elles seréunissent à prouver leur existence, et à faire voir que leur marcheest celle qui dérive de la loi de la pesanteur universelle. On pourraitdonc par la théorie, devancer les observations et assigner les vraiesvaleurs des inégalités séculaires des planètes, si l’on avait leursmasses ; et l’un des plus sûrs moyens de les obtenir, sera ledéveloppement de ces inégalités par la. suite des temps. Alors onpourra remonter par la pensée, aux changemens successifs quele système planétaire a éprouvés : on pourra prévoir ceux que lessiècles à venir offriront aux observateurs ; et le Géomètre embras-sera d’un coup d’œil dans ses formules, tous les états passés etfuturs de ce système. Le tableau du chapitre Y du second livre,renferme les variations séculaires qui résultent des valeurs les plusprobables des masses des planètes.

Ici, se présentent plusieurs questions intéressantes. Les ellipsesplanétaires ont-elles toujours été, et seront-elles toujours à peuprès circulaires? quelques-unes des planètes n’ont-elles pas étéoriginairement des comètes dont les orbes ont peu à peu approchédu cercle, par l’attraction des autres planètes ? la diminution del’obliquité de l’écliptique, continuera-t-elle au point de faire coïnciderl’écliptique avec l’équateur, ce qui produirait l’égalité constantedes jours et des nuits sur toute la terre ? L’analyse répond à cesquestions diverses, d’une manière satisfaisante. Je suis parvenuà démontrer que, quelles que soient les masses des planètes, parcela seul qu’elles se meuvent toutes dans le même sens, et dansdes orbes peu excentriques et peu inclinés les uns aux autres ;leurs inégalités séculaires sont périodiques et renfermées dansd’étroites limites, ensorte que le système planétaire ne fait qu’oscillerautour d’un état moyen dont il ne s’écarte jamais que d’une très-petite quantité. Les ellipses des planètes ont donc toujours été etseront toujours presque circulaires 5 d’où il suit qu’aucune planèten’a été primitivement une comète , du moins si l’on n’a égard qu’à,l’action mutuelle des corps du système planétaire. L’écliptique ne