DU SYSTÈME DU MONDE. 207
coïncidera jamais arec l’équateur, et l’étendue entière des variationsde son inclinaison, ne peut pas excéder trois degrés.
Les mouvemens des orbes planétaires et des étoiles embarras-seront, un jour, les Astronomes, lorsqu’ils chercheront à comparerdes observations précises, séparées par de longs intervalles detemps. Déjà cet embarras commence à se faire sentir; il est doncintéressant de pouvoir retrouver au milieu de tous ces changemens,un plan invariable ou qui conserve toujours une situation parallèle.Nous avons exposé à la fin du livre précédent, un moyen simplepour' déterminer un plan semblable, dans le mouvement d’unsystème de corps qui ne sont soumis qu’à leur action mutuelle :ce moyen appliqué au système solaire, donne la règle suivante.
cc Si à un instant quelconque, et sur un plan passant par le» centre du soleil, on mène de ce point, des droites aux nœuds» ascendans des orbes planétaires avec ce dernier plan ; si l’on» prend sur ces droites, à partir du centre du soleil, des lignes qui» représentent les tangentes des inclinaisons des orbes sur ce plan ;» si l’on suppose ensuite aux extrémités de ces lignes, des masses» proportionnelles aux masses des planètes, multipliées respecti-» veinent par les racines carrées des paramètres des orbes, et par» les cosinus de leurs inclinaisons; enfin si l’on détermine le centre» de gravité de ce nouveau système de masses; la droite menée» de ce point au centre du soleil, représentera la tangente de» l’inclinaison du plan invariable, sur le plan donné ; et en la» prolongeant au-delà de ce point, jusqu’au ciel, elle y marqueray > la position de son nœud ascendant. »
Quels que soient les changemens que la suite des siècles amènedans les orbes planétaires, et le plan auquel on les rapporte; leplan déterminé par cette règle, conservera toujours une situationparallèle. Sa position-dépend, à la vérité, des masses des planètes;mais elles seront bientôt suffisamment connues, pour la fixer avecexactitude. En adoptant les valeurs de ces masses, que nousdonnerons dans le chapitre suivant, et les élémens de leurs orbes,que renferme le tableau du chapitre Y du second livre ; ontrouve que la longitude du nœud ascendant du plan invariable,était de n4°,7oo8, au commencement du dix - neuvième siècle.