2i 1
DU SYSTÈME DU MONDE.
lération dans le mouvement de Saturne , et un retardement danscelui de Jupiter, - et il est remarquable que les quantités de cesphénomènes, déduites des seules observations par Halley etLambert, sont à très-peu près celles qui résultent des deux grandesinégalités dont je viens de parler. Si l’astronomie eût été renouveléequatre siècles et demi plus tard, les observations auraient présentédes phénomènes contraires; les moyens mouvemens que l’astro-nomie d’un peuple assigne à Jupiter et à Saturne , peuvent doncnous éclairer sur le temps où elle a été fondée. On trouve ainsique les Indiens ont déterminé les moyens mouvemens de cesplanètes, dans la partie de la période des inégalités précédentes,où le moyen mouvement apparent de Saturne était le plus lent,et celui de Jupiter , le plus rapide : deux de leurs principales époquesdont l’une remonte à l’an 5 102 avant l’ère chrétienne, et dontl’autre se rapporte à l’an i4gi, remplissent à peu près cettecondition.
Le r-apport presque commensurabîe des mouvemens de Jupiter et de Saturne , donne naissance à d’autres inégalités très-sensibles.La plus considérable affecte le mouvement de Saturne : elle seconfondrait avec l’équation du centre, si cinq fois le moyen mou-vement de cette planète, était exactement égal au double de celuide Jupiter . C’est elle principalement qui dans le dernier siècle, arendu les retours de Saturne à l’équinoxe du printemps, plusprompts que ses retours à l’équinoxe d’automne. En général, lorsquej’eus reconnu ces diverses inégalités, et déterminé avec plus desoin qu’on ne l’avait fait encore, celles que l’on avait déjà soumisesau calcul; je vis tous les phénomènes observés dans le mouvementde ces deux planètes, s’adapter d’eux-mêmes à la théorie : ils sem-blaient auparavant, faire exception de la loi de la pesanteuruniverselle ; et maintenant, ils en sont une des preuves les plusfrappantes. Tel a été le sort de cette brillante découverte, quechaque difficulté qui s’est élevée, a été pour elle le sujet d’unnouveau triomphe; ce qui est le plus sûr caractère du vrai systèmede la nature. Les formules auxquelles je suis parvenu pour repré-senter les mouvemens de Jupiter et de Saturne , satisfont avec uneprécision remarquable, aux cent onze dernières oppositions de ces