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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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EXPOSITION

deux planètes, observées par les plus habiles Astronomes, au moyendes meilleures lunettes méridiennes et des plus grands quarts decercle : l’erreur n’a jamais atteint 4o"; et il n’y a pas vingt ans,que les erreurs des meilleures tables surpassaient quelquefois quatremille secondes. Ces formules représentent encore, avec l’exactitudedes observations mêmes, les observations de Flamsteed , cellesdes Arabes et les observations citées par Ptolémée . Cette grandeprécision avec laquelle les deux plus grosses planètes de notresystème planétaire, ont obéi depuis les temps les plus reculés,aux lois de leur attraction mutuelle, prouve la stabilité de ce système ;puisque Saturne dont l’attraction par le soleil, est environ centfois moindre que l’attraction de la terre par le même astre, n’acependant éprouvé depuis Hipparque jusqu’à nous, aucune actionsensible de la part des causes étrangères.

Je ne puis m’empêcher ici, de comparer les effets réels durapport qui existe entre les moyens mouvemens de Jupiter et deSaturne , avec ceux que l’astrologie lui avait attribués. En vertude ce rapport, les conjonctions mutuelles de ces deux planètesse renouvellent dans l’intervalle d’environ vingt années; mais lepoint du ciel où elles arrivent, rétrograde à peu près d’un tiersdu zodiaque, ensorte que si la conjonction arrive dans le premierpoint d’Ariès, elle aura lieu vingt ans après, dans le signe duSagittaire; vingt ans encore après, elle arrivera dans le signe duLion, pour revenir ensuite au signe du Bélier à dix degrés dedistance de sa position primitive. Elle continuera ainsi d’avoir lieudans ces trois signes, pendant prés de deux cents ans ; ensuite,elle parcourra de la même manière, dans les deux cents annéessuivantes, les trois signes du Taureau, du Capricorne et de laVierge; elle emploiera pareillement deux siècles, à parcourir lessignes des Gémeaux, du Verseau et de la Balance : enfin dans lesdeux siècles suivans, elle parcourra les signes de l’Écrevisse, desPoissons et du Scorpion, pour recommencer après, dans le signed’Ariès. De là se compose une grande année dont chaque saisona deux siècles. On attribuait une température différente à cesdiverses saisons ainsi qu’aux signes qui leur répondent : l’ensemblede ces trois signes se nommait trigone : le premier -trigone était