210
DU SYSTÈME DU MONDE.
celui du feu; le second, celui de la terre; le troisièmecelui del’air; et le quatrième, celui de l’eau. On conçoit que l’Astrologie a dù faire un grand usage de ces trigones que Kepler lui-mêmea expliqués ayec beaucoup de détail, dans plusieurs ouvrages. Mais ilest remarquable que la saine astronomie, en faisant disparaîtrecette influence imaginaire du rapport qu’ont entre eux, les moyensmouvemens de Jupiter et de Saturne , ait reconnu dans ce l'apport,la source des grandes perturbations du système planétaire.
La planète Uranus , quoique récemment découverte, offre déjàdes indices incontestables des perturbations qu’elle éprouve de lapart de Jupiter et de Saturne . Les lois du mouvement elliptiquene satisfont point exactement à ses positions observées, et pourles représenter, il faut avoir égard à ses perturbations. Leur théorie,par un accord singulier, la place dans les- années 1769, 1756 et1690, aux mêmes points du ciel où le Monnier, Mayer et Flams-teed avaient déterminé la position de trois petites étoiles que l’oilne retrouve plus aujourd’hui; ce qui ne laisse aucun doute surl’identité de ces astres avec Uranus .
Les petites planètes que l’on vient de découvrir, sont assujétiesà de très-grandes inégalités qui répandront un nouveau jour surla théorie des attractions célestes, et donneront lieu de la perfec-tionner ; mais il n’a pas encore été possible de reconnaître cesinégalités par les observations. Il n’y a pas trois siècles, queCopernic introduisit le premier dans les tables astronomiques, lemouvement des planètes autour du soleil : environ un siècle après,Kepler y fit entrer les lois du mouvement elliptique, qu’il avaittrouvées par les observations de Ticho-Brabé, et qui ont conduitNewton à la découverte de la gravitation universelle. Depuis cestrois époques à jamais mémorables dans l’histoire des sciences, lesprogrès de l’analyse infinitésimale nous ont mis à portée de sou-mettre au calcul, les nombreuses inégalités des planètes, qui naissentde leurs attractions mutuelles, et par ce moyen, les tables ontacquis une précision inattendue : auparavant, leurs erreurs étaientde plusieurs minutes; maintenant elles se réduisent à un petitnombre de secondes, et souvent il est probable que leurs écartssont dus aux erreurs inévitables des observations.