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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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218 EXPOSITION

On a vu clans le premier livre, cjue le demi-diamètre du soleil,vu de sa distance moyenne à la terre, soutend un angle de 2966":à la même distance, le rayon terrestre paraîtrait sous un anglede 27". Il est facile d’en conclure que la moyenne densité du globesolaire étant prise pour unité, celle de la terre est 5,9326. Cettevaleur est indépendante de la parallaxe du soleil; car le volumeet la masse de la terre, croissent, l’un et l’autre, comme le cubede cette parallaxe.

Le demi-diamètre de l’équateur de Jupiter vu de sa moyennedistance au soleil, est, suivant les mesures précises d’Ara go, égalà 56",702; le demi-axe passant par ses pôles est de 53",497; lerayon du sphéroïde de Jupiter , correspondant au parallèle dontle carré du sinus de latitude est |, serait donc vu à la mêmedistance, sous un angle de 55",967 ; et vu de la moyenne distancede la terre au soleil, il serait de 291",i85. Il est facile d’en conclurela densité de Jupiter , égale à 0,99239.

On peut déterminer de la même manière, la densité des autresplanètes ; mais les erreurs dont les mesures de leurs diamètresapparens, et les évaluations de leurs masses sont encore suscep-tibles, répandent beaucoup d’incertitude sur les résultats du calcul.Si l’on suppose le diamètre apparent de Saturne , vu de sa distancemoyenne au soleil, égal à 5o"; on aura o,55 pour sa densité, celledu soleil étant toujours prise pour unité.

En comparant les densités respectives de la terre, de Jupiter et de Satui’ne; on voit qu’elles sont plus petites pour les planètesplus distantes du soleil. Kepler parvint au même résultat, par desidées de convenance et d’harmonie; et il supposa les densités desplanètes, réciproques aux racines carrées de leurs distances. Maisil jugea par les mêmes considérations, que le soleil était le plusdense de tous les astres ; ce' qui n’est pas. La planète Uranus dontla densité paraît surpasser celle de Saturne , s’écarte de la règleprécédente; mais l’incertitude des mesures de son diamètre apparentet des plus grandes élongations de ses satellites, ne permet pasde prononcer sur cet objet.

Pour avoir l’intensité de la pesanteur à la surface du soleil etdes planètes; considérons que si Jupiter et la terre étaient exac-