DU SYSTÈME DU MONDE. 227
d’observations, en a constaté l’existence, et a répandu un grandjour sur les élémens dont je viens de parler.
Les mouvemens des^ nœuds et du périgée de la lune, sont lesprincipaux effets des pérturbations que ce satellite éprouve. Unepremière approximation n’avait donné d’abord aux Géomètres ,que la moitié du second de ces mouvemens. Clairaut en conclutque la loi de l’attraction n’est pas aussi simple qu’on l’avait crujusqu’alors, et qu’elle est composée de deux parties dont la premièreréciproque au carré des distances, est seule sensible aux grandesdistances des planètes au soleil, et dont la seconde croissant dansun plus grand rapport, quand la distance diminue, devient sensibleà la distance de la lune à la terre. Cette conséquence fut vivementattaquée par Buffon : il se fondait sur ce que les lois primordialesde la nature, devant être les plus simples; elles ne peuventdépendre que d’un seul module, et leur expression ne peut renfermerqu’un seul terme. Cette considération doit nous porter sans doute,à ne compliquer la loi de l’attraction, que dans un besoin extrême ;mais l’ignorance où nous sommes, de la nature de cette force, nepermet pas de prononcer avec assurance, sur la simplicité de sonexpression. Quoiqu’il en soit, le Métaphysicien eut raison, cettéfois, vis-à-vis du Géomètre qui reconnut lui-même son erreur, etfit l’importante remarque, qu’en poussant plus loin l’approximation,la loi de la pesanteur donne le mouvement du périgée lunaire,exactement conforme aux observations; ce qui a été confirmédepuis par tous ceux qui se sont occupés de cet objet. Le mouvementque j’ai conclu de ma théorie, ne diffère pas du véritable, de saquatre cent quarantième partie : la différence n’est pas d’un troiscent cinquantième, à l’égard du mouvement des nœuds.
Quoique l’analyse soit indispensable pour faire sentir les rapportsde toutes les inégalités du mouvement de la lune, à l’action dusoleil combinée avec celle de la terre sur ce satellite; cependant,on peut sans y recourir, expliquer les causes de l’équation annuellede la lune et de son équation séculaire. Je m’arrêterai d’autantplus volontiers à les exposer, que l’on en verra naître les plusgrandes inégalités lunaires qui jusqu’à présent, ont été peu sensibles,jnais que la suite des siècles doit développer aux observateurs.