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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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s34 EXPOSITION

galités ne vont pas toujours croissant : elles sont périodiquescomme celles de l’excentricité de l’orbe terrestre, dont elles dé-pendent j et ne se rétablissent qu’après des millions d’années. Ellesdoivent altérer à la longue, les périodes imaginées pour embrasserdes nombres entiers de révolutions de la lune, par rapport à sesnoeuds, à son périgée et au soleil, périodes qui diffèrent sensible-ment dans les diverses parties de l’immense période de l’équationséculaire. La période Iunisolaire de six cents ans, a été rigoureuseà une époque à laquelle il serait facile de remonter par l’analyse,si les masses des planètes étaient exactement connues ; mais cetteconnaissance si désirable pour la perfection des théories astrono-miques , nous manque encore. Heureusement, Jupiter dont on abien déterminé la masse , est celle des planètes, qui a le plusd’influence sur l’équation séculaire de la lune ; et les valeurs desautres masses planétaires, sont assez approchées, pour que l’onn’ait point à craindre sur la grandeur de cette équation, une erreurtrès-sensible.

Déjà, les observations anciennes, malgré leur imperfection,confirment ces inégalités ; et l’on peut en suivre la marche, soitdans les observations, soit dans les Tables astronomiques qui sesont succédées jusqu’à nos jours. On a vu que les anciennes éclipsesavaient fait connaître l’accélération du mouvement delà lune, avantque la théorie de la pesanteur en eût développé la cause. Eucomparant à cette théorie , les observations modernes , et leséclipses observées par les Arabes , les Grecs et les Chaldéensjontrouve entre elles, un accord qui paraît surprenant, quand onconsidère l’imperfection des observations anciennes, et l’incerti-tude que laisse encore sur les variations de l’excentricité de l’orbede la terre, celle où nous sommes sur les masses de Vénus etde Mars. Le développement des équations séculaires de la lune,sera une des données les plus propres à déterminer ces masses.

Il était surtout intéressant de vérifier la théorie de la pesan-teur , relativement à l’équation séculaire du périgée de l’orbelunaire , ou à celle de l’anomalie, quatre fois plus grande quel’équation séculaire du moyen mouvement. Sa découverte me fitjuger qu’il fallait diminuer de quinze à seize minutes, le mouve-