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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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DU SYSTÈME DU MONDE. 2 : 7

transmission successive de la gravité. Mais l’analyse nous montreque ces deux causes ne peuvent produire aucune altération sen-sible dans les moyens mouvemens des noeuds et du périgée lunaire ;et cela seul suffirait pour les exclure, quand même la vraie causedes variations observées dans ces mouvemens serait encore ignorée.L’accord de la théorie avec les observations, nous prouve que siles moyens mouvemens de la lune sont altérés par des causesétrangères à la pesanteur universelle, leur influence est très-petiteet jusqu’à présent insensible.

Cet accord établit d’une manière certaine, la constance de ladurée du jour, élément essentiel de toutes les théories astrono-miques. Si cette durée surpassait maintenant, d’un centième deseconde, celle du temps d’Hipparque ; la durée du siècle actuelserait plus grande qu’alors J de 565",25 : dans cet intervalle, la lunedécrit un arc de 534",6 ; le moyen mouvement séculaire actuelde la lune, en paraîtrait donc augmenté de cette quantité, ce quiaugmenterait de i 3 ", 5 i son équation séculaire pour le premiersiècle, à partir de 1801, et qui, par ce qui précède, est de 3i",5oi7.Les observations ne permettent pas de supposer une augmentationaussi considérable ; on peut donc assurer que depuis Hipparque ,la durée du jour n’a pas varié d’un centième de seconde.

Une des équations les plus importantes de la théorie lunaire,en ce qu’elle dépend de l’aplatissement de la terre, est relative aumouvement de la lune en latitude. Cette inégalité est proportionnelleau sinus de la longitude vraie de ce satellite. Elle est le résultatd’une nutation dans l’orbe lunaire, produite par l’action du sphéroïdeterrestre, et correspondante à celle que la lune produit dans notreéquateur, de manière que l’une de ces nutations est la réactionde l’autre ; et si toutes les molécules de la terre et de la lune ,étaient liées fixement entre elles, par des droites inflexibles etsans masse, le système entier serait en équilibre autour du centrede gravité de la terre, en vertu des forces qui produisent ces deuxnutations; la force qui anime la lune, compensant sa petitesse,par la longueur du levier auquel elle serait attachée. On peutreprésenter cette inégalité en latitude, en concevant que l’orbelunaire, au lieu de se mouvoir uniformément sur l’écliptique avec