Buch 
Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
Entstehung
Seite
246
JPEG-Download
 

246 , EXPOSITION

à moins qu’une cause étrangère ne vienne déranger brusquementleurs mouvemens et leurs positions respectives. Telle serait unecomète qui traversant ce système, comme la première comète de1770 paraît l’avoir fait, choquerait l’un de ces corps. 11 est vrai-semblable que de pareilles rencontres ont eu lieu dans l’immensitédes siècles écoulés depuis l’origine du système planétaire : le chocd’une comète dont la masse eût été seulement la cent millièmepartie de celle de la terre, aurait suffi pour rendre sensible, lalibration des satellites. Cette inégalité n’ayant point été reconnue,malgré tous les soins que Delambre a pris pour la démêler dansles observations 3 on doit en conclure que les masses des comètesqui peuvent avoir rencontré l’un des trois satellites de Jupiter ,sont extrêmement petites ; ce qui confirme ce que nous avons déjàobservé sur la petitesse des masses des comètes.

Les orbes des satellites éprouvent des changemens analogues auxgrandes variations des orbes planétaires : leurs mouvemens sontpareillement assujétis à des équations séculaires semblables à cellede la lune. Le développement de toutes ces inégalités par la suitedes temps, fournira les données les plus avantageuses pour la dé-termination des masses des satellites et de l’aplatissement de Jupiter .L’influence considérable de ce dernier élément, sur les mouvemensdes noeuds, fixe sa valeur avec plus de précision que les mesuresdirectes. On trouve par ce moyen, le rapport du petit axe deJupiter au diamètre de son équateur, égal à 0,9568 3 ce qui diffèretrès-peu du rapport de seize à dix-sept, que donnent par un milieu,les mesures les plus précises de l’aplatissement de cette planète.Cet accord est une nouvelle preuve que la pesanteur des satellitesvers la planète principale, se compose des attractions de toutesses molécules.

L’un des plus curieux résultats de la théorie des satellites deJupiter , est la connaissance de leurs masses, connaissance queleur petitesse extrême et l’impossibilité de mesurer leurs diamètressemblaient nous interdire. J’ai choisi pour cet objet, les données quidans l’état actuel de l’Astronomie , m’ont paru les plus avantageuses jet j’ai lieu de penser que les valeurs suivantes que j’en ai conclues,sont fort approchées.