260 EXPOSITION
est unique et déterminé par le mouvement primitif ; et quelles quesoient les forces primitives des molécules, l’axe mené par le centrede gravité de la masse fluide, et par rapport auquel le moment desforces était un maximum à l’origine, devient l’axe de rotation.
Les résultats précédens fournissent un moyen simple de vérifierl’hypothèse de l’homogénéité de la terre. L’irrégularité des degrésmesurés des méridiens, laisse trop d’incertitude sur l’aplatissementde la terre, pour reconnaître s’il est tel à peu près, que l’exigecelte hypothèse; mais l’accroissement assez régulier de la pesanteur,de l’équateur aux pôles, peut nous éclairer sur cet objet. Enprenant pour unité, la pesanteur à l’équateur ; son accroissementau pôle est o,oo455 , dans le cas de l’homogénéité de la terre :parles observations du pendule, cet accroissement est o,oo55i5 ;la terre n’est donc point homogène. Il est en effet, naturel depenser, que la densité de ses couches augmente de la surface aucentre : il est même nécessaire pour la stabilité de l’équilibre desmers, que leur densité soit plus petite que la moyenne densitéde la terre 5 autrement, leurs eaux agitées par les vents et pard’autres causes, sortiraient souvent de leurs limites, pour inonderles continens.
L’homogénéité de la terre étant ainsi exclue par les observations ;il faut pour déterminer sa figure, considérer la mer comme re-couvrant un noyau dont les couches diminuent de densité, ducentre à la surface. Clairaut a démontré dans son bel ouvrage surla figure de la terre, que l’équilibre est encore possible, en suppo-sant une figure elliptique, à sa surface et aux couches du noyauintérieur. Dans les hypothèses les plus vraisemblables sur la loides densités et des ellipticités de ces couches; l’aplatissement dela terre est moindre que dans le cas de l’homogénéité, et plus grandque si la gravité était dirigée vers un seul point : l’accroissementde la pesanteur de l’équateur aux pôles, est plus grand que dansle premier cas, et plus petit que dans le second. Mais il existeentre l’accroissement total de la pesanteur prise pour unité à l’équa-teur, et l’ellipticité de la terre, ce rapport remarquable; savoir,que dans toutes les hypothèses sur la constitution du noyau querecouvre la mer, autant l’ellipticité de la terre entière est au-dessous