DU SYSTÈME DU MONDE. 2 . 7 3
je me suis permises, sont que la mer inonde la terre entière, etqu’elle n’éprouve que de légers obstacles dans ses mouvemens :toute ma théorie est d’ailleurs, rigoureuse et fondée sur les principesdu mouvement des fluides. En me rapprochant ainsi de la nature,j’ai eu la satisfaction de voir que mes résultats se rapprochaientdes observations, surtout à l’égard du peu de différence qui existedans nos ports, entre les deux marées d’un même jour, différencequi, suivant la théorie de Newton, serait fort grande. Je suisparvenu à ce résultat remarquable, savoir, que pour faire disparaîtrecette différence, il suffit de supposer partout à l’océan, la même pro-fondeur. Daniel Bernoulli , dans sa pièce sur le flux et le reflux de lamer, qui partagea le prix de l’Académie des Sciences en 17-io, essayad’expliquer ce phénomène, par le mouvement de rotation de laterre : suivant lui, ce mouvement est trop rapide, pour que lesmarées puissent s’accommoder aux résultats de la théorie. Maisl’analyse nous montre que cette rapidité n’empêcherait pas lesmarées d’être fort inégales, si la profondeur de la mer n’était pasuniforme. On voit par cet exemple et par celui de Newton, queje viens de citer, combien on doit se défier des aperçus les plusvraisemblables, quand ils ne sont point vérifiés par un calculrigoureux.
Les résultats précédens, quoique fort étendus, sont encorerestreints par la supposition d’un fluide régulièrement répandu surla terre, et qui n’éprouve que de très-légères résistances dans sesmouvemens. L’irrégularité de la profondeur de l’océan, la positionet la pente des rivages, leurs rapports 'avec les côtes voisines,les froltemcns des eaux contre le fond de la mer, et la résistancequ’elles en éprouvent, toutes ces causes qu’il est impossible desoumettre au calcul, modifient les oscillations de cette grandemasse fluide. Tout ce que nous pouvons faire, est d’analyser lesphénomènes généraux des marées, qui doivent résulter des forcesattractives du soleil et de la lune ; et de tirer des observations, lesdonnées dont la connaissance est indispensable pour compléterdans chaque port, la théorie du flux et du reflux. Ces donnéessont autant d’arbitraires dépendantes de l’étendue de la mer, desa profondeur, et des circonstances locales du port. Nous allons
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