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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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aSo EXPOSITION

son embouchure. En général, l’observation et la théorie m’ontconduit à regarder chacun de nos ports de France , relativementaux marées, comme l’extrémité d’un caqal à l’embouchure duquelles marées partielles ont lieu à l’instant même du passage desastres au méridien, et se transmettent dans un jour et demi, àson extrémité supposée plus orientale que son embouchure, d’unequantité très-différente pour les diffërens ports.

On peut observer que la différence des intervalles dont lesmarées partielles suivent le passage des astres qui les produisent,au méridien, ne change point les phénomènes du flux et du reflux.Pour un système d’astres mus uniformément dans le plan del’équateur, elle ne fait que reculer d’un jour et demi, les phéno-mènes calculés dans l’hypothèse où ces intervalles seraient nuis.

Plusieurs philosophes ont attribué le retard des phénomènes desmarées sur les phases de la lune, au temps que son action emploieà se transmettre à la terre : mais cette hypothèse ne peut passubsister avec l’inconcevable activité de la force attractive, activitédont on verra des preuves à la fin de ce livre. Ce n’est donc pointau temps de cette transmission, mais à celui que les impressionscommuniquées par les astres à la mer, emploient à parvenir dansnos ports, qu’il faut attribuer ce retard.

La force d’un astre pour soulever une molécule d’eau, placéeentre cet astre, et le centre de la terre, est égale à la différencede son action sur ce centre, et sur la molécule ; et cette différenceest le double du quotient de la masse de l’astre, multipliée parle rayon terrestre, et divisée par le cube de la distance des centresde l’astre et de la terre. Ce quotient relativement au soleil, est,par le chapitre Y, la cent soixante et dix-neuvième partie de lapesanteur qui sollicite la lune vers la terre, multipliée par lerapport du rayon terrestre, à la distance de la lune : cette pesanteurest à trèS'peu près égale à la somme des masses de la terre et de lalune, divisée par le carré de la distance lunaire ; la force du soleilpour soulever les eaux de la mer, est donc quatre-vingt-neuf foiset demie, moindre que la somme des masses de la terre et de lalune, multipliée par le rayon terrestre, et divisée par le cube deJa distance lunaire. Mais cette force n’est, suivant les observations^