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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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DU SYSTÈME DU MONDE. 28 5

Le mouvement de cet astre en ascension droite, plus promptdans les solstices que dans les équinoxes, doit rapprocher la maréelunaire, du passage de l’astre au méridien ; l’heure des maréessysigies équinoxiales doit donc retarder sur l’heure des maréessysigies solsticiales. Par la même raison, l’heure des marées desquadratures des solstices doit retarder sur celle des marées desquadratures des équinoxes ; et la théorie donne ce retard environquadruple du premier.

Les déclinaisons du soleil et de la lune influent encore sur leretard journalier des marées des équinoxes et des solstices; ildoit être plus grand vers les sysigies des solstices, que vers lessysigies des équinoxes; plus grand encore vers les quadratures deséquinoxes, que vers les quadratures des solstices, et dans ce secondcas, la différence des retards est quatre fois plus grande que dansle premier cas. Les observations confirment avec une précisionremarquable, ces divers résultats de la théorie.

Les marées de la seconde espèce, dont la période est d’un jour,sont proportionnelles au produit du sinus, par le cosinus de ladéclinaison des astres : elles sont nulles, quand les astres sontdans l’équateur, et elles croissent à mesure qu’ils s’en éloignent. Ense combinant avec les marées de la première espèce, elles rendentinégales les deux marées d’un même jour. C’est par cette cause,que la marée du matin, à Brest , est d’environ o m -,i85, plus grandeque celle du soir, vers les sysigies du solstice d’hiver, et pluspetite de la même quantité, vers les sysigies du solstice d’été,comme on l’a vu dans le premier livre. La même cause rend encorela marée du matin, plus grande que celle du soir, de o m ',i36, versles quadratures de l’équinoxe d’automne, et plus petite de la mêmequantité, vers' les quadratures de l’équinoxe du printemps.

En général, les marées de la seconde espèce, sont peu considé-rables dans nos ports; leur grandeur est une arbitraire dépendantedes circonstances locales qui peuvent les augmenter, et diminueren même temps les marées de la première espèce, jusqu’à lesrendre insensibles. Imaginons en effet, un large canal communiquantpar ses deux extrémités, avec l’océan : la marée dans un port situésur la rive de ce canal, sera le résultat des ondulations transmises