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Exposition du système du monde / par M. le comte Laplace
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2 86 EXPOSITION

par ses deux embouchures; or il peut arriver qu’à raison de lasituation du portées ondulations de la première espèce y parviennentdans des temps tels que le maximum des unes coïncide avec leminimum des autres; et si d’ailleurs, elles sont égales entre elles,il est clair qu’il n’y aura point de flux et de reflux dans le port,en vertu de ces ondulations. Mais il y aura un flux produit par lesondulations de la seconde espèce, qui ayant une période deux foisplus longue, ne se correspondront point de manière que le maximumde celles qui viennent par une embouchure, coïncide avec leminimum de celles qui arrivent par l’autre embouchure. Dans cecas, il n’y aura point de fliffc et de reflux, quand le soleil et lalune seront dans le plan de l’équateur ; mais la marée deviendrasensible, lorsque la lune s’éloignera de ce plan, et alors, il n’yaura qu’un flux et un reflux par jour lunaire, ensorte que si leflux arrive au coucher de la lune, le reflux arrivera à son lever.Ce singulier phénomène a été observé à Batsha, port du royaumede Tunquin, et dans quelques autres lieux. Il est vraisemblableque des observations faites dans les divers ports de la terre,offriraient toutes les variétés intermédiaires entre les marées deBatsha et celles de nos ports,

Considérons enfin les marées de la troisième espèce, dont lespériodes sont fort longues et indépendantes de la rotation de laterre. Si les durées de ces périodes, étaient infinies; ces maréesn’auraient d’autre effet, que de changer la figure permanente dela mer qui parviendrait bientôt à l’état d’équilibre, dû aux forcesqui les produisent. Mais il est visible que la longueur de cespériodes doit rendre l’effet de ces marées, à très-peu près le mêmeque dans le cas où elle serait infinie ; on peut donc considérer lamer, comme étant sans cesse en équilibre sous l’action des astresfictifs qui produisent les marées de la troisième espèce, et lesdéterminer dans cette hypothèse. Ces marées sont très-petites; ellessont cependant sensibles à Brest , et conformes au résultat ducalcul.

Je suis entré dans un long détail, sur le flux et le reflux delàmer; parce qu’il est le résultat des attractions célestes, le plusprès de nous, le plus sensible, et l’un des plus dignes de l’attention