DU SYSTÈME DU MONDE. 287
des observateurs. On voit par l’exposé que je viens d’en faire,l’accord de la théorie fondée sur la loi de la pesanteur universelleavec les phénomènes des hauteurs et des intervalles des marées.Si la terre n’avait point de satellite, et si son orbe était circulaireet situé dans le plan de l’équateur j nous n’aurions pour reconnaîtrel’action du soleil sur l’océan, que l’heure toujours la même de lapleine mer, et la loi suivant laquelle la marée s’élève. Mais l’actionde la lune , en se combinant avec celle du soleil, produit dans lesmarées, des variétés relatives à ses phases, et dont l’accord avecles observations, ajoute une grande probabilité à la théorie de lapesanteur. Toutes les inégalités du mouvement, de la déclinaisonet de la distance de ces deux astres, donnent naissance à un grandnombre de phénomènes que l’observation a fait reconnaître, et quimettent cette théorie, hors d’atteinte : c’est ainsi que les variétésdans l’action des causes, en établissent l’existence. L’action dusoleil et de la lune sur la mer, suite nécessaire de l’attractionuniverselle démontrée par tous les phénomènes célestes, étantconfimée directement par les phénomènes des marées ; elle ne doitlaisser aucun doute. Elle est portée maintenant à un tel degréd’évidence, qu’il existe sur cet objet, un accord unanime entreles savans instruits de ces phénomènes, et suffisamment versésdans la géométrie et dans la mécanique, pour en saisir les rapportsavec la loi de la pesanteur. Une longue suite d’observations encoreplus précises que celles qui ont été faites, et continuées pendantune période du mouvement des nœuds de l’orbe lunaire, rectifierales élémens déjà connus, fixera la valeur de ceux qui sont incer-tains, et développera des phénomènes jusqu’ici enveloppés dansles erreurs des observations. Les marées ne sont pas moinsintéressantes à connaître, que les inégalités des mouvemens célestes.On a négligé de les suivre avec une exactitude convenable, àcause des irrégularités qu’elles présentent; mais je puis assurerd’après un mûr examen, que ces irrégularités disparaissent enmultipliant les observations : leur nombre ne doit pas même êtrepour cela, fort considérable à Brest dont la position est très-fayorableà l’observation de ces phénomènes.
Il me reste à parler de la méthode de déterminer l’heure de la