298 EXPOSITION
Les eaux de la mer cédant en vertu de leur fluidité, aux attrac^lions du soleil et de la lune ; il semble au premier coup-d’œil,que leur réaction ne doit point influer sur les mouvemens de l’axede la terre : aussi D’Alembert et tous les géomètres qui se sontoccupés après lui, de ces mouvemens, l’ont entièrement négligée ;ils sont même partis de là, pour concilier les quantités observéesde la précession et de la nutation, avec les mesures des degrésterrestres. Cependant, un plus profond examen de cette matière,nous montre que la fluidité des eaux n’est pas une raison suffisantepour négliger leur effet sur la précession des équinoxes; car sid’un côté, elles obéissent à l’action du soleil et de la lune; d’unautre côté, la pesanteur les ramène sans cesse vers l’état d’équilibre ,et ne leur permet de faire que de très-petites oscillations; il estdonc possible que par leur attraction et leur pression sur le sphéroïdequ’elles recouvrent, elles rendent, au moins en partie, à l’axe dela terre, les mouvemens qu’il en recevrait, si elles venaient à seconsolider. On peut d’ailleurs, s’assurer par un raisonnement fortsimple, que leur réaction est du même ordre que l’action directedu soleil et de la lune, sur la partie solide de la terre.
Imaginons que cette planète soit homogène et de même densitéque la mer; supposons de plus que les eaux prennent à chaqueinstant, la figure qui convient à l’équilibre des forces qui les animent.Si dans ces hypothèses, la terre devenait tout-à-coup, entièrementfluide, elle conserverait la même figure, et toutes ses parties seferaient mutuellement équilibre; l’axe de rotation n’aurait doncaucune tendance à se mouvoir, et il est visible que cela doitsubsister encore, dans le cas où une partie de cette masse formeraiten se consolidant, le sphéroïde que recouvre la mer. Les hypothèsesprécédentes servent de fondement aux théories de Newton sur lafigure de la terre, et sur le flux et le reflux de la mer : il estassez remarquable, que dans le nombre infini de celles que l’onpeut faire sur les mêmes objets, ce grand Géomètre en ait choisideux qui ne donnent ni précession, ni nutation; la réaction deseaux détruisant alors, l’effet de l’action du soleil et de la lune surle noyau terrestre, quelle que soit sa figure. II est vrai que cesdeux hypothèses et surtout la dernière, ne sont pas conformes à