DU SYSTÈME DU MONDE. 3o5
pendule écarté par une très-petite force, de la verticale, y revientsans cesse, en faisant de chaque côté, de petites oscillations; ainsi,le grand axe du sphéroïde lunaire doit osciller de chaque côté durayon vecteur moyen de son orbite. De là résulte un mouvementde libration dont l’étendue dépend de la différence primitive desdeux mouvemens angulaires de rotation et de révolution de lalune. Cette libration est très-petite, puisque les observations nel’ont point fait reconnaître.
On voit donc que la théorie de la pesanteur explique d’unemanière satisfaisante, l’égalité rigoureuse des deux moyens mou-vemens angulaires de rotation et de révolution de la lune. Il seraitcontre toute vraisemblance, de supposer qu’à l’origine, ces deuxmouvemens ont été parfaitement égaux; mais pour l’explicationde ce phénomène, il suffit que leur différence primitive ait ététrès-petite ; et alors l’attraction de la terre a établi la parfaiteégalité que l’on observe.
Le moyen mouvement de la lune étant assujéti à de grandesinégalités séculaires qui s’élèvent à plusieurs circonférences ; ilest clair que, si son moyen mouvement de rotation était parfai-tement uniforme, ce satellite, en vertu de ces inégalités, décou-vrirait successivement à la terre, tous les points de sa surface ;son disque apparent changerait par des nuances insensibles, àmesure que ces inégalités se développeraient : les mêmes obser-vateurs le verraient toujours à très-peu près le même, et il neparaîtrait sensiblement différer, qu’à des observateurs séparés parl’intervalle de plusieurs siècles. Mais la cause qui a établi une parfaiteégalité entre les moyens mouvemens de rotation et de révolutionde la lune , ôte pour jamais aux habitans de la terre, l’espoir dedécouvrir les parties de sa surface, opposées à l’hémisphère qu’ellenous présente. L’attraction terrestre, en ramenant sans cesse versnous, le grand axe de la lune , fait participer son mouvement derotation aux inégalités séculaires de son mouvement de révolution,et dirige constamment le même hémisphère vers la terre. La mêmethéorie doit être étendue à tous les satellites dans lesquels on aobservé l’égalité des mouvemens de rotation et de révolution autourde leur planète.